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Les tempêtes

Les actions de prévention et de secours

L’Homme ne peut rien contre l’occurrence de tempêtes d’intensité plus ou moins exceptionnelle. Les seules mesures en son pouvoir sont préventives, individuelles ou collectives. Elles sont destinées à limiter leur impact sur les personnes et les biens.

La prévention du risque " tempête " repose ainsi en particulier sur des actions de surveillance des phénomènes tempétueux, sur des actions d’information de la population exposée, et sur des mesures d’ordre constructives.

La prévention

L’information préventive
La loi du 22 juillet 1987 a instauré le droit des citoyens à une information sur les risques majeurs auxquels ils sont soumis sur tout ou partie du territoire, ainsi que sur les mesures de sauvegarde qui les concernent (article L125.2 du Code de l’environnement).

Sous l’autorité du préfet deux documents d’information des populations sont réalisés, généralement par les services interministériels de défense et de protection civiles (SIDPC). Les dossiers départementaux des risques majeurs (DDRM) recensent à l’échelle d’un département l’ensemble des risques par commune. Ils expliquent les phénomènes et présentent les mesures de sauvegarde. Les dossiers communaux synthétiques (DCS) situent les risques dans chaque commune, au moyen de cartes au 1:25 000 et rappellent les évènements historiques, ainsi que les mesures de sauvegarde.
Dans la pratique, les communes sur lesquelles sont élaborés les outils permettant l’information préventive (DDRM, DCS, DICRIM) sont celles exposées à des risques de séismes, volcanisme, cyclones, feux de forêts, inondations, mouvements de terrain et risques technologiques. Le risque tempête n’est en général pas considéré comme un risque majeur dans les documents relatifs àl’information préventive.

La surveillance et l’alerte
En France, la prévention s’appuie aujourd’hui en grande partie sur la surveillance de l’évolution des perturbations atmosphériques (prévision) et sur les dispositifs permettant d’informer la population et les autorités concernées.

La prévision météorologique
Météo-France, établissement public à caractère administratif succédant depuis 1994 à la Météorologie nationale, a pour mission la prévision météorologique. Celle-ci repose sur les observations des paramètres météorologiques et sur les conclusions obtenues par des modèles numériques.

L’observation des paramètres météorologiques : l’Organisation météorologique mondiale (OMM) coordonne à l’échelle mondiale, par le biais de la Veille météorologique mondiale (VMM), la collecte et la diffusion des observations nécessaires aux prévisions.

Les observations utilisées sont :

- les mesures régulières, réalisées à partir de stations météorologiques de surface (au nombre de 10 000 environ) et à partir de navires (7 000environ) ;
- les profils verticaux de vents, température et humidité établis à partir
de ballons sondes lâchés sur terre et sur mer à heures fixes ;
- les mesures effectuées par les avions commerciaux ;
- les mesures réalisées en mer par des bouées dérivantes ou fixes (300 environ) ;
- les mesures effectuées par des satellites en orbite polaire.
Toutes les six heures, 15 000 observations sont ainsi effectuées et réceptionnées de façon continue à Toulouse.

L’exploitation des paramètres météorologiques : la simulation numérique est le principal outil employé par les météorologistes pour prévoir l’évolution de l’atmosphère, et ainsi le temps qu’il va faire. Les modèles de prévision numérique utilisés par Météo-France sont le modèle IFS du Centre européen de la prévision atmosphérique à moyen terme, le modèle global (grande échelle) Arpege (centré sur la France et mis en service en décembre 1993) et le modèle à domaine limité Aladin-France.

Arpege fournit des prévisions deux fois par jour, à trois ou quatre jours d’échéance. Aladin-France fournit des prévisions à échelle plus fine, puisque la maille est d’environ 10 km et à courte échéance (48 heures le matin et 36 heures le soir).

L’information et l’alerte
Au-delà de la simple prévision du temps, la nouvelle procédure Vigilance Météo, mise en service opérationnelle en octobre 2001 par Météo-France, a pour objectif de souligner et de décrire les dangers des conditions météorologiques des prochaines 24 h. La carte de vigilance est élaborée deux fois par jour (à 6h et 16h), à des horaires compatibles avec une diffusion efficace pour les services de sécurité et les médias. Ce dispositif remplace le système d’alerte fondé sur les bulletins BRAM et ALARME.

Cette procédure a un triple objectif :

- donner aux autorités publiques, à l’échelon national, zonal et départemental, les moyens d’anticiper une crise majeure par une annonce plus précoce et davantage ciblée que les phénomènes majeurs ;
- fournir aux préfets, aux maires et aux services opérationnels les outils de prévision et de suivi permettant de préparer et de gérer une telle crise ;
- assurer simultanément l’information la plus large possible des médias et de la population en donnant les conseils ou consignes de comportement adaptés à la situation.

  Carte vigilance
La carte de vigilance peut être consultée sur le site internet de Météo-France


Aux couleurs définies à partir de critères quantitatifs, correspondent des phénomènes météorologiques attendus et des conseils de comportement adaptés :

  • vert : pas de vigilance particulière ;
  • jaune : phénomènes habituels dans la région, mais occasionnellement dangereux ;
  • orange : vigilance accrue nécessaire, car phénomènes dangereux d’intensité inhabituelle prévus ;
  • rouge : vigilance absolue obligatoire, car phénomènes dangereux d’intensité exceptionnelle prévus.

    Lors d’une mise en vigilance orange ou rouge, des bulletins de suivi nationaux et régionaux sont élaborés, afin de couvrir le ou les phénomène(s) signalé(s). Ils contiennent quatre rubriques : la description de l’événement, sa qualification, les conseils de comportement, et la date et heure du prochain bulletin.

    En cas de situation orange : les conseils comportementaux sont donnés dans les bulletins de suivi régionaux. Ces conseils sont repris voire adaptés par le préfet du département. Les services opérationnels et de soutien sont mis en pré-alerte par le préfet de zone ou de département, et préparent, en concertation avec le Circosc (Centre interrégional de coordination de la sécurité civile), un dispositif opérationnel.

    En cas de situation rouge : les consignes de sécurité à l’intention du grand public sont données par le préfet de département sur la base des bulletins de suivis nationaux et régionaux. Les services opérationnels et de soutien se préparent (pré-positionnement des moyens), en collaboration avec
    le Circosc. Le dispositif de gestion de crise est activé à l’échelon national, zonal, départemental et communal.

  • Les consignes de sécurité :

    On trouvera ci-après :

    - les consignes générales à suivre avant, pendant et après une alerte ;
    - les conseils comportementaux émis dans le cadre de la procédure Vigilance Météo, pour les niveaux orange et rouge, dans les cas de vents violents et de fortes précipitations.

    Consignes générales

    AVANT

    Prévoir les équipements minimums :
    • radio portable avec piles ;
    • lampe de poche ;
    • eau potable ;
    • papiers personnels ;
    • médicaments urgents ;
    • couvertures ; vêtements de rechange ;
    • matériel de confinement.

    S’informer en mairie :
    • des risques encourus ;
    • des consignes de sauvegarde ;
    • du signal d’alerte ;
    • des plans d’intervention (PPI).

    Organiser :
    • le groupe dont on est responsable ;
    • discuter en famille des mesures à prendre si une catastrophe survient (protection, évacuation, points de ralliement).

    Simulations :
    • y participer ou les suivre ;
    • en tirer les conséquences et enseignement.

    PENDANT

    Évacuer ou se confiner en fonction de la nature du risque.
    S’informer : écouter la radio : les premières consignes seront données par France Inter et les stations locales de RFO.
    Informer le groupe dont on est responsable.
    Ne pas aller chercher les enfants à l’école.

    APRES

    S’informer : écouter et suivre les consignes données par la radio et les autorités.
    Informer les autorités de tout danger observé.
    Apporter une première aide aux voisins ; penser aux personnes âgées et handicapées.
    Se mettre à la disposition des secours.
    Évaluer :
    • les dégâts ;
    • les points dangereux et s’en éloigner.
    Ne pas
    téléphoner

    Conséquences possibles et conseils de comportement

    Vent violent - Niveau 3

    Conséquences possibles

  • Des coupures d’électricité et de téléphone peuvent affecter les réseaux de distribution pendant des durées relativement importantes.
  • Les toitures et les cheminées peuvent être endommagées.
  • Des branches des arbres risquent de se rompre.
  • Les véhicules peuvent être déportés.
  • La circulation peut être perturbée, en particulier sur le réseau secondaire en zone forestière.
  • Le fonctionnement des infrastructures des stations de ski est perturbé.

    Conseils de comportements

  • Limitez vos déplacements. Limitez votre vitesse sur route et autoroute, en particulier si vous conduisez un véhicule ou attelage sensible aux effets du vent.
  • Ne vous promenez pas en forêt (et sur le littoral).
  • En ville, soyez vigilants face aux chutes possibles d’objets divers.
  • N’intervenez pas sur les toitures et ne touchez en aucun cas à des fils électriques tombés au sol.
  • Rangez ou fixez les objets sensibles aux effets du vent ou susceptibles d’être endommagés.

    Vent violent - Niveau 4

    Conséquences possibles

    Avis de tempête très violente

  • Des coupures d’électricité et de téléphone peuvent affecter les réseaux de distribution pendant des durées très importantes.
  • Des dégâts nombreux et importants sont à attendre sur les habitations, les parcs et plantations. Les massifs forestiers peuvent être fortement touchés.
  • La circulation routière peut être rendue très difficile sur l’ensemble du réseau.
    Les transports aériens, ferroviaires et maritimes peuvent être sérieusement affectés.
  • Le fonctionnement des infrastructures des stations de ski est rendu impossible.
  • Des inondations importantes peuvent être à craindre aux abords des estuaires en période de marée haute.

    Conseils de comportement

    Dans la mesure du possible

  • Restez chez vous.
  • Mettez-vous à l’écoute de vos stations de radio locales.
  • Prenez contact avec vos voisins et organisez-vous.

    En cas d’obligation de déplacement
  • Limitez-vous au strict indispensable en évitant, de préférence, les secteurs forestiers.
  • Signalez votre départ et votre destination à vos proches.

    Pour protéger votre intégrité et votre environnement proche
  • Rangez ou fixez les objets sensibles aux effets du vent ou susceptibles d’être endommagés.
  • N’intervenez en aucun cas sur les toitures et ne touchez pas à des fils électriques tombés au sol.
  • Si vous êtes riverain d’un estuaire, prenez vos précautions face à de possibles inondations et surveillez la montée des eaux.
  • Prévoyez des moyens d’éclairage de secours et faites une réserve d’eau potable.
  • Si vous utilisez un dispositif d’assistance médicale (respiratoire ou autre) alimenté par électricité, prenez vos précautions en contactant l’organisme qui en assure la gestion.

    Fortes précipitations - Niveau 3

    Conséquences possibles

  • De fortes précipitations susceptibles d’affecter les activités humaines sont attendues
  • Des inondations importantes sont possibles dans les zones habituellement inondables, sur l’ensemble des bassins hydrologiques des départements concernés.
  • Des cumuls importants de précipitation sur de courtes durées peuvent, localement, provoquer des crues inhabituelles de ruisseaux et fossés.
  • Risque de débordement des réseaux d’assainissement.
  • Les conditions de circulation routière peuvent être rendues difficiles sur l’ensemble du réseau secondaire et quelques perturbations peuvent affecter les transports ferroviaires en dehors du réseau " grandes lignes ".
  • Des coupures d’électricité peuvent se produire.

    Conseil de comportement

  • Renseignez-vous avant d’entreprendre vos déplacements et soyez très prudents.
  • Respectez, en particulier, les déviations mises en place.
  • Ne vous engagez en aucun cas, à pied ou en voiture, sur une voie immergée.
  • Dans les zones habituellement inondables, mettez en sécurité vos biens susceptibles d’être endommagés et surveillez la montée des eaux.


    Fortes précipitations - Niveau 4

    Conséquences possibles

  • De très fortes précipitations sont attendues, susceptibles d’affecter les activités humaines et la vie économique pendant plusieurs jours.
  • Des inondations très importantes sont possibles, y compris dans les zones rarement inondables, sur l’ensemble des bassins hydrologiques des départements concernés.
  • Des cumuls très importants de précipitation sur de courtes durées peuvent, localement, provoquer des crues torrentielles de ruisseaux et fossés.
  • Risque de débordement des réseaux d’assainissement.
  • Les conditions de circulation routière peuvent être rendues extrêmement difficiles sur l’ensemble du réseau.
  • Des coupures d’électricité plus ou moins longues peuvent se produire.

    Conseils de comportement

    Dans la mesure du possible

  • Restez chez vous ou évitez tout déplacement dans les départements concernés.

    En cas d’obligation de déplacement
  • Soyez très prudents. Respectez, en particulier, les déviations mises en place.
  • Ne vous engagez en aucun cas, à pied ou en voiture, sur une voie immergée.
  • Signalez votre départ et votre destination à vos proches.

    Pour protéger votre intégrité et votre environnement proche
  • Dans les zones inondables, prenez d’ores et déjà, toutes les précautions nécessaires à la sauvegarde de vos biens face à la montée des eaux, même dans les zones rarement touchées par les inondations.
  • Prévoyez des moyens d’éclairage de secours et faites une réserve d’eau potable.
  • Facilitez le travail des sauveteurs qui vous proposent une évacuation et soyez attentifs à leurs conseils. N’entreprenez aucun déplacement avec une embarcation sans avoir pris toutes les mesures de sécurité.
  • Les autres mesures préventives
    Outre l’aspect relatif à la prévision des phénomènes tempétueux et à l’information de la population concernée, la prévention la plus efficace consiste à respecter les normes de construction en vigueur fixant les efforts à prendre en compte pour résister aux vents.

    L’objet de ces normes n’est pas de réaliser des édifices totalement résistants (ce qui est techniquement inenvisageable), mais d’accorder une attention particulière aux détails de construction, améliorant ainsi la résistance générale du bâtiment au phénomène :
    - ancrage des toits et des cheminées ;
    - ouvertures protégées (portes, fenêtres) ;
    - protection du revêtement ;
    - etc.

    Dans les zones plus particulièrement sensibles (littoral, vallées canalisant les vents notamment), la prise en compte des caractéristiques essentielles des vents régionaux permet une meilleure adaptation des constructions (pente du toit, orientation des ouvertures, importance des débords, etc.).

    Dans l’idéal, une conception adaptée de l’habitat doit s’accompagner demesures portant sur les abords immédiats de l’édifice construit, et notamment sur l’élagage des arbres proches (voire leur abattage dans le cas, d’arbres vieux et/ou malades), et sur la suppression d’objets susceptibles
    de faire office de projectiles lors des rafales. Cette mesure (en ce qui concerne la végétation) porte également sur les abords des voies de communication et de réseaux aériens de hauteur limitée.

    Les secours

    La planification des secours a pour but la mise en place rapide et efficace de tous les moyens de secours disponibles pour faire face à une situation " de crise ".

    Des plans d’organisation des secours (plans Orsec) sont mis en place, conformément à l’article 2 de la loi 87-565 du 22 juillet 1987. Ils recensent les moyens publics et privés susceptibles d’être mis en ¦uvre en cas de catastrophe et définissent les conditions de leur emploi par l’autorité compétente pour diriger les secours.

    En cas de déclenchement d’un plan Orsec, les opérations de secours sont placées, dans chaque département, sous l’autorité du représentant de l’État dans le département. Lorsqu’elles intéressent le territoire de plusieurs départements, qu’il y ait ou non déclenchement d’un plan Orsec, le Premier
    ministre peut placer l’ensemble des opérations de secours sous la direction du représentant de l’État dans l’un de ces départements.

    On distingue trois types de plan Orsec :

  • le plan national, déclenché par le Premier ministre ;
  • le plan de zone, établi pour chacune des sept zones de défense du territoire national déclenché par le représentant de l’État dans le département où se trouve siège de la zone de défense ;
  • le plan départemental, déclenché par le représentant de l’État dans le département.

    L’indemnisation

    La loi n°90-509 du 25 juin 1990 (extension de la loi n°82-600 du 13 juillet 1982 ) prévoit que les effets du vent dus aux tempêtes sont écartés du champ d’application du régime d’indemnisation des catastrophes naturelles (défini par la loi n° 82-600 du 13 juillet 1982). Ils relèvent d’une garantie
    spécifique volontaire de la part de l’assuré, alors annexée aux contrats classiques d’assurance (dommages aux biens et pertes financières induites).

    Seuls les effets dus à la pluie et à l’action de la mer peuvent être déclarés catastrophes naturelles.

    En ce qui concerne les effets dus aux vents, les assureurs ne prennent en compte que les vents d’une intensité anormale (plus de 100 km/h), à l’origine de nombreux dommages affectant des bâtiments de bonne construction (c’est-à-dire en mesure de résister à l’action habituelle des vents). Il faut que ces dommages aient une ampleur exceptionnelle (destructions nombreuses dans la commune où se situent les biens sinistrés et dans les communes environnantes).

    Suite à une tempête, même si le contrat d’assurance ne couvre pas les dommages subis, l’assuré est tenu :

    - de déclarer le sinistre à son assureur dans les cinq jours (à partir du moment où l’assuré en a connaissance) ;
    - dans l’hypothèse où des réparations ont été effectuées avant passage de l’expert, d’en garder les justificatifs et de conserver une preuve des dommages (photographies).

  •  

    Quelques précisions

    Modèle numérique

    La qualité d’un modèle numérique repose en grande partie sur sa maille, c’est-à-dire sa résolution, de façon à intégrer autant que possible les microphénomènes ou les facteurs locaux susceptibles d’influencer les prévisions. Une des originalités d’Arpege est la variation dans l’espace de sa résolution : plus fine dans les zones jugées intéressantes (20 km environ sur la France), plus large aux antipodes (240 km).


    modèlisation Arpège

    Source : Météo-France

    Les normes de construction applicables sont regroupées au sein du document
    " Règles de calcul définissant les effets de la neige et du vent sur les constructions " (DTU, Documents techniques unifiés), datant de 1965.
    Ces règles ont été rééditées en 2000, intégrant ainsi les tempêtes de décembre 1999. Une nouvelle carte de vitesse des vents (définie de façon probabiliste) a été tracée.
    Une norme européenne, Eurocode, devrait prochainement remplacer ces règles.

    vitesse des vents
    Carte de vitesse des vents
    Carte des courbes d’isovaleurs de la vitesse moyenne de référence, en mètres par seconde, à 10 m de hauteur en rase campagne, période de retour cinquentenale)
    Source : base de données Météo-France, 1949-1999 Fond Géoatlas

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