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Le risque avalanche

Les actions
de prévention
et de secours

La prévision

La prévision doit permettre de déterminer les périodes de fort risque par la connaissance des conditions météorologiques au cours des derniers jours et l'analyse du manteau neigeux (conditions nivologiques). Des mesures d'information ou de protection peuvent alors être prises plus efficacement.

La connaissance des conditions météorologiques

Météo-France édite régulièrement un bulletin d'estimation du risque d'avalanche (BRA), qui donne à l'échelle d'un massif, des indications sur l'état du manteau neigeux en fonction de l'altitude, de l'exposition, du relief. Il propose également une estimation du risque, basée sur une échelle européenne graduée de 1 (risque faible) à 5 (risque très fort).

  Pages météo
Pages météo
Pour consulter le BRA sur le site de Météo-France : cliquez ici

Le niveau de risque est très variable en fonction des sites (on a vu l'importance de l'orientation des versants, de la pente, etc.). Les évaluations établies massif par massif ne peuvent donc fournir que des indications générales, qui peuvent être infirmées localement. Il importe donc de s'informer auprès des professionnels locaux des conditions particulières du lieu.

La connaissance du manteau neigeux

Les nivologues mesurent la résistance des diverses couches de neige à l'aide d'une sonde de battage et établissent des profils stratigraphiques du manteau neigeux. Le battage consiste à enfoncer dans la neige une tige métallique à l'aide d'une petite masse qu'on laisse tomber d'une hauteur connue. Le nombre de coups nécessaires pour enfoncer la tige d'une profondeur donnée permet d'évaluer la résistance des différentes couches de neige traversées. Le nivologue peut ainsi détecter des niveaux fragiles ou des couches de givre pouvant favoriser le déclenchement d'avalanches.

  Sondage du manteau neigeux
Sondage du manteau neigeux
pour en identifier les différentes couches

Le profil stratigraphique est établi en mesurant les épaisseurs de chacune des couches du manteau neigeux. On mesure la température et on décrit les types de cristaux de neige constituant ces diverses couches. Ces observations permettent au nivologue de comprendre l'évolution du manteau neigeux et d'estimer sa qualité globale. L'analyse du profil stratigraphique est un des éléments qui conduisent au déclenchement préventif.

La prévention

La prévention regroupe l'ensemble des dispositions à mettre en oeuvre pour réduire l'impact d'un phénomène naturel prévisible sur les personnes et les biens.

L'observation des sites avalancheux

Depuis le début du XXe siècle, les agents de l'Office national des forêts (ONF) assurent un suivi de l'activité de certains sites avalancheux. Chaque avalanche observée est décrite et les dégâts éventuels consignés. Ce suivi se poursuit aujourd'hui sous la forme de l'enquête permanente sur les avalanches (EPA), qui est une opération de surveillance réalisée par des agents de l'ONF, sur environ 5 000 couloirs d'avalanche. Les observations effectuées alimentent une base de données informatisée qui constitue un précieux outil d'analyse de l'activité avalancheuse.

L'inventaire des zones exposées aux avalanches

Un inventaire cartographique des zones exposées aux avalanches a été entrepris à partir de 1970. Cet inventaire porte sur l'ensemble des massifs alpins et pyrénéens français, mais traite en priorité des zones proches des secteurs urbanisés et des domaines skiables. Le cahier des charges a été proposé par le Cemagref et la méthodologie d'élaboration par l'Institut géographique national (IGN). Ces cartes de localisation des phénomènes avalancheux (CLPA) sont établies au 1 : 25 000. Elles présentent l'enveloppe maximum des avalanches passées identifiées et les zones avalancheuses localisées par analyse des photographies aériennes.

  Extrait de la CLPA de Chamonix
Extrait de la CLPA de Chamonix
Pour consulter les CLPA sur le site Internet du Cemagref : cliquez ici

La CLPA s'appuie notamment sur l'EPA pour la localisation des avalanches anciennes. Une enquête et la consultation des divers organismes intervenants dans les zones de montagne (les services de restauration des terrains en montagne (RTM), les services des pistes, les parcs régionaux et nationaux, les DDE) complètent la démarche. La CLPA est un document strictement informatif, devenu indispensable pour la gestion du réseau routier, des domaines skiables ou l'étude des projets d'aménagements touristiques. Plus de 710 000 hectares ont ainsi été cartographiés.

Mais en matière d'avalanche, le meilleur moyen de prévention est d'éviter d'urbaniser les zones exposées. Face à ce constat, il faut agir sur la réduction de la vulnérabilité des enjeux, c'est-à-dire sur la limitation des éventuels dommages : on parle de mitigation.

Le Cemagref publie un mode d'emploi de la CLPA à destination des élus (PDF, 500 Ko).

La mitigation

La mitigation suppose notamment la formation des divers intervenants (architectes, ingénieurs en génie civil, entrepreneurs etc.) en matière de conception et de prise en compte des phénomènes naturels (nivologiques, météorologiques), ainsi que la définition de règles de construction. Leur application doit par ailleurs être garantie par un contrôle des ouvrages. Cette action sera d'autant plus efficace quand tous les acteurs concernés, c'est-à-dire également les intermédiaires tels que les assureurs et les maîtres d'oeuvre, y seront sensibilisés.

Si l'État et les communes ont des responsabilités dans le domaine de la protection et de la prévention, les particuliers peuvent également contribuer à se protéger efficacement et diminuer leur propre vulnérabilité. Pour cela, il est primordial que chacun connaisse au préalable les phénomènes auxquels il est exposé, en s'informant sur leur description, l'événement possible et les dommages potentiels (voir chapitre sur l'information préventive). De même, la mitigation passe par l'adoption de mesures constructives (matériaux spécifiques, adaptation de l'architecture pour une meilleure résistance à la poussée de la neige, etc.) et le respect des règles d'urbanisme. Il n'existe pas de méthode unique pour construire en zone d'avalanche : il est recommandé aux particuliers de faire appel à des professionnels. C'est obligatoire pour tout bâtiment de plus de 170 m2.

Le MEDD a édité un guide sur la prise en compte du risque d'avalanche
« Construire en montagne ». Pour le consulter : cliquez ici

La stabilisation du manteau neigeux

Pour stabiliser le manteau neigeux dans les zones d'accumulation, on a recourt soit à la construction d'ouvrages, soit à des plantations de résineux. Les ouvrages les plus utilisés sont les râteliers, les claies et les filets. Ils ont pour but de fixer le manteau neigeux, limitant ainsi les risques de rupture et donc de déclenchement de l'avalanche.

  Rateliers, claies et filets
Rateliers, claies et filets retiennent la neige
dans les zones habituelles
de départ des avalanches

Le reboisement est une action de protection à long terme. Le service RTM, chargé de ce type de travaux, utilise des essences de résineux variées selon l'altitude et le sol concerné. Le plus souvent, le reboisement s'accompagne de travaux de terrassement.

  La stabilisation du manteau neigeux
La stabilisation du manteau neigeux

Dans des contextes particuliers, on utilise des ouvrages agissant sur le vent pour, par exemple, éviter la formation d'une corniche. Ces ouvrages assurent une protection permanente dans la mesure ou leur action stabilise le manteau neigeux tout au long de son accumulation et de sa fonte. Leur efficacité est variable en fonction de la qualité de la neige.

Le déclenchement préventif

Le déclenchement préventif des avalanches est largement utilisé pour la protection des domaines skiables et des routes. L'objectif de ces déclenchements est de provoquer de petites avalanches qui vont « purger » les zones de départ afin d'éviter l'accumulation d'une couche de neige importante pouvant produire une avalanche majeure. Après chaque chute de neige, les pisteurs-artificiers provoquent des explosions dans les zones d'accumulations pour déstabiliser le manteau neigeux. Ils utilisent principalement des charges d'explosifs déposées à ski ou transportées par un câble survolant les zones de départ (Catex [Acronyme de câble transporteur d'explosifs.]). Certains sites sont équipés de dispositifs fixes utilisant des gaz détonants (Gazex® ou Avalex®).

  Dispositif de déclenchement d'avalanche 
              à gaz détonnant
Dispositif de déclenchement d'avalanche à gaz détonnant.

Quelques déclenchements sont réalisés à l'aide de lanceurs pneumatiques
(«avalancheur ») qui envoient une flèche explosive (en Suisse et aux États-Unis, on utilise des canons sans recul.). Plus exceptionnellement, les charges sont déposées par hélicoptère, mais le coût est alors plus élevé.

Le déclenchement artificiel des avalanches est toujours réalisé selon un plan pré-établi, appelé plan d'intervention pour le déclenchement des avalanches, le PIDA. Il définit les procédures de déclenchement et de mise en sécurité des sites concernés [voir le chapitre concerné].

La maîtrise de l'urbanisation

La maîtrise de l'urbanisation et des aménagements est aujourd'hui assurée par le biais des plans de prévention des risques naturels, les PPR, institués par la loi du 2 février 1995. Ces documents définissent des zones d'interdiction et des zones de prescription, constructibles sous réserve. Les PPR peuvent imposer d'agir sur l'existant pour réduire la vulnérabilité des hommes et des biens. Les mesures de prescription ou d'interdiction sont transcrites dans les plans locaux d'urbanisme (PLU).

Les PPR s'appuient sur deux cartes : la description de l'aléa, qui peut partir de la CLPA, [voir CLPA], complétée d'études spécifiques et la carte des zonages. Celle-ci distingue le plus souvent trois zones :

• la zone rouge où, d'une manière générale, toute construction est interdite, en raison d'un risque trop fort ;

• la zone bleue où l'on autorise les constructions sous réserve de respecter certaines prescriptions ;

• la zone blanche, zone non réglementée car non soumise aux avalanches.

Le PPR peut également prescrire ou recommander des dispositions constructives (réduction des ouvertures du côté de la pente avalancheuse) ou des dispositions concernant l'usage du sol. Ces mesures simples, si elles sont appliquées, permettent de réduire considérablement les dommages causés par les avalanches.

L'information préventive

La loi du 22 juillet 1987 a instauré le droit des citoyens à une information sur les risques majeurs auxquels ils sont soumis sur tout ou partie du territoire, ainsi que sur les mesures de sauvegarde qui les concernent. Cette partie de la loi a été reprise dans l'article L125.2 du Code de l'environnement.

Établi sous l'autorité du préfet, le dossier départemental des risques majeurs (DDRM) recense à l'échelle d'un département l'ensemble des risques majeurs par commune. Il explique les phénomènes et présente les mesures de sauvegarde. À partir du DDRM, le préfet porte à la connaissance du maire les risques dans la commune, au moyen de cartes au 1 : 25000 et décrit la nature des risques, les événements historiques, ainsi que les mesures d'État mises en place.

Le maire élabore un document d'information communal sur les risques majeurs (DICRIM). Ce document présente les mesures de prévention et les mesures spécifiques prises en vertu des pouvoirs de police du maire. Le DICRIM doit être accompagné d'une communication (au moins tous les deux ans si la commune est couverte par un PPR) et d'une campagne d'affichage. Ces deux documents sont disponibles en mairie.

Le plan de communication établi par le maire peut comprendre divers supports de communication, ainsi que des plaquettes et des affiches, conformes aux modèles arrêtés par les ministères chargés de l'environnement et de la sécurité civile (arrêté du 27 mai 2003).

  Le plan de communication
Le plan de communication

Le maire peut imposer ces affiches :

• dans les locaux accueillant plus de 50 personnes ;

• dans les immeubles regroupant plus de 15 logements ;

• dans les terrains de camping ou de stationnement de caravanes regroupant plus de 50 personnes.

Les propriétaires de terrains ou d'immeubles doivent assurer cet affichage (sous contrôle du maire) à l'entrée des locaux ou à raison d'une affiche
par 5 000 m2 de terrain.

Pour le risque d'avalanche, de nombreuses informations concernant l'aléa et les consignes à adopter en cas d'événement sont mises à la disposition du citoyen (site du ministère chargé de l'Environnement, mairie, services de l'État, stations de ski). L'accent est particulièrement mis sur les pratiquants de hors pistes, pour qui des campagnes spécifiques d'information sont réalisées, notamment par des associations comme l'Association nationale d'étude de la neige et des avalanches. Pour consulter le site de l' ANENA : cliquez ici

La protection

Aujourd'hui, on distingue deux types de protection : les protections temporaires et les protections permanentes. Parmi les premières, il peut s'agir de dispositifs d'évacuation et d'interdiction, et parmi les secondes, on trouve les dispositifs d'arrêt ou de déviation des avalanches (protection passive).

Les mesures d'évacuation, de consignation ou d'interdiction

Dans des conditions exceptionnelles d'enneigement, des mesures d'évacuation ou d'interdiction peuvent être décidées par les maires ou les représentants de l'État. Des fermetures de routes peuvent également être décidées par les services compétents.

  Sécurisation d'une route de montagne
Sécurisation d'une route de montagne
par un dispositif reliant un capteur et des feux tricolores.

En cas de risque d'avalanche sur le domaine skiable, les services des pistes des stations de sport d'hiver ferment les secteurs menacés. Dans certains sites spécifiques, les habitants peuvent être consignés dans des parties moins exposées des constructions.

Les dispositifs d'arrêt ou de déviation des avalanches

Pour arrêter ou dévier une avalanche, on implante dans la zone d'arrêt des digues, des déflecteurs ou des ouvrages freineurs. Les digues sont des obstacles destinés à stopper l'avalanche en fin de course. Il s'agit le plus souvent de remblais qui barrent la trajectoire de l'avalanche et contre lesquels elle vient buter. Les déflecteurs sont destinés à détourner l'avalanche des zones vulnérables. Ils peuvent être formés de remblais ou de murs disposés obliquement par rapport à la trajectoire de l'avalanche. Dans certains cas, des étraves sont destinées à scinder les avalanches à l'amont des zones à protéger. Les montagnards utilisent depuis toujours des dispositifs de déviation des avalanches. On peut voir des granges, des maisons et même des églises munies d'une étrave, « la tourne », destinée à scinder l'avalanche ou à la détourner de la construction. Des écuries ou des granges étaient parfois à demi enterrées dans le versant afin que l'avalanche puisse passer au-dessus sans dommage.

  Sécurisation d'un ensemble bâti
Sécurisation d'un ensemble bâti par l'édification
d'un merlon de détournement de l'avalanche.

Les ouvrages freineurs agissent en ralentissant l'avalanche dans la zone d'arrêt. Les routes peuvent être protégées par des galeries paravalanches qui permettent le passage de l'avalanche sans gêner la circulation. Les paravalanches ne sont toutefois efficaces qu'une fois par saison. En effet, ils sont comblés dès la première avalanche et ne peuvent plus remplir leur rôle.

La protection individuelle

Au niveau individuel, il est indispensable pour les pratiquants de hors piste de se munir d'un équipement individuel de sécurité et de savoir l'utiliser.

  Appareil de recherche de victimes d'avalanche
Appareil de recherche de victimes d'avalanche

L'appareil de recherche de victimes d'avalanche (ARVA) est un émetteur-récepteur qui permet de repérer plus facilement une personne ensevelie sous une avalanche. Il doit être utilisé avec une sonde pour localiser précisément la victime et une pelle pour la dégager. Ensemble, ils composent la trilogie de sécurité indispensable à toute sortie hors-piste.

De même, toute sortie doit être envisagée par rapport à la condition physique et au niveau des participants, ainsi qu'aux conditions météorologiques et nivologiques. Un accompagnement par des professionnels de la montagne est fortement conseillé.

L'organisation des secours

Au niveau communal, c'est le maire, détenteur des pouvoirs de police, qui a la charge d'assurer la sécurité de la population dans les conditions fixées par le code général des collectivités territoriales. A cette fin, il prend les dispositions lui permettant de gérer la crise et peut, si nécessaire, faire appel au préfet représentant de l'État dans le département.

Le plan communal de sauvegarde détermine, en fonction des risques connus, les mesures immédiates de sauvegarde et de protection des personnes, fixe l'organisation nécessaire à la diffusion de l'alerte et des consignes de sécurité, recense les moyens disponibles et définit la mise en oeuvre des mesures d'accompagnement et de soutien de la population. Ce plan est obligatoire dans les communes dotées d'un PPR.

En cas de catastrophe concernant plusieurs communes, les plans de secours départementaux sont mis en application, conformément à la loi du 22 juillet 1987. La loi de modernisation de la sécurité civile du 13 août 2004 a réorganisé les plans de secours existants, selon le principe général que lorsque l'organisation des secours revêt une ampleur ou une nature particulière, elle fait l'objet dans chaque département d'un plan Orsec.

Le plan Orsec départemental, arrêté par le préfet, détermine, compte tenu des risques existants dans le département, l'organisation générale des secours et recense l'ensemble des moyens publics et privés susceptibles d'être mis en oeuvre. Il comprend des dispositions générales applicables en toutes circonstances et des dispositions propres à certains risques particuliers. Lorsque au moins deux départements d'une zone de défense sont concernés par une catastrophe ou que la mise en oeuvre de moyens dépassant le cadre départemental s'avère nécessaire, le plan Orsec de zone est mis en service. C'est le préfet qui déclenche la mise en application du plan Orsec et assure la direction des secours. Le Premier ministre peut placer le pilotage des opérations de secours sous la direction du représentant de l'État dans l'un de ces départements ou recourir au préfet de la zone de défense concernée.

Il existe une veille permanente assurée par des centres départementaux, inter-régionaux (ce sont les zones de défense) et national. Leur coordination est assurée par la direction de défense et de la sécurité civiles du ministère de l'Intérieur.

Dans les domaines skiables, la sécurité est gérée par un plan d'intervention pour le déclenchement des avalanches, un PIDA. Ce plan prévoit les zones d'intervention concernées par le déclenchement préventif au sein du domaine, ainsi que dans les zones situées à sa proximité susceptibles d'être fréquentées par des skieurs. Le PIDA détaille les procédures à suivre par les pisteurs-artificiers pour les opérations de déclenchement, localise les points précis et rappelle les consignes de sécurité pour les usagers.

Dans les domaines skiables, les secours sont effectués par les pisteurs-secouristes du service des pistes. En montagne, les gendarmes ou les CRS sont chargés du secours et peuvent être aidés par des guides et des volontaires des sociétés locales de secours. Ces équipes disposent toujours d'équipes cynophiles (maîtres chiens et chiens d'avalanches). De plus en plus, les secours sont médicalisés, pour optimiser les chances de survie des accidentés.

Les chances de survie sont essentiellement fonction de la durée d'ensevelissement (de près de 95 % dans les 15 premières minutes quart d'heure vital , elles tombent à 25 % après 45 minutes), ainsi que de la profondeur d'ensevelissement une fois l'avalanche arrêtée. Ces chiffres illustrent l'importance de s'équiper d'un ARVA, d'une pelle et d'une sonde, pour ne pas dépendre de la rapidité d'intervention de secours extérieurs.

L'alerte et les consignes

Le signal d'alerte

Le signal national d'alerte consiste en trois émissions successives d'une minute chacune et séparées par des intervalles de cinq secondes, d'un son modulé en amplitude ou en fréquence. Des essais ont lieu le premier mercredi de chaque mois à midi. Le signal est diffusé par tous les moyens disponibles et notamment par le réseau national d'alerte et les équipements des collectivités territoriales. Il est relayé par les dispositifs d'alarme et d'avertissement dont sont dotés les établissements recevant du public, et par les dispositifs d'alarme et de détection dont sont dotés les immeubles de grande hauteur.

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Le signal d'alerte peut être écouté sur le site Internet de l'iffo-rme

Le signal d'alerte est déclenché sur ordre du Premier ministre, du ministre chargé de la sécurité civile, du représentant de l'État dans le département (ou dans la région, si plusieurs départements sont concernés) ou du maire en tant qu'autorité de police compétente.

Les messages d'alerte

Les messages d'alerte contiennent des informations relatives à l'étendue du phénomène (tout ou partie du territoire national) et indiquent la conduite à tenir. Ils sont diffusés par les radios et les télévisions [Sociétés nationales de programme Radio France et France Télévisions, Société nationale de radio-diffusion et de télévision pour l'outre-mer, services autorisés de télévision par voie hertzienne terrestre desservant une zone dont la population est supérieure à six millions d'habitants, société d'exploitation de la quatrième chaîne.].

La fin de l'alerte

Le signal de fin d'alerte consiste en une émission continue d'une durée de trente secondes d'un son à fréquence fixe. La fin de l'alerte est annoncée sous la forme de messages diffusés par les services de radiodiffusion sonore et de télévision, dans les mêmes conditions que pour la diffusion des messages d'alerte.

Si le signal national d'alerte n'a été suivi d'aucun message, la fin de l'alerte est signifiée à l'aide du même support que celui ayant servi à émettre ce signal.

Les consignes

Un certain nombre de consignes générales à suivre « Avant, Pendant
et Après » une alerte ont été définies.

Consignes générales

AVANT

Prévoir les équipements minimums :
• radio portable avec piles ;
• lampe de poche ;
• eau potable ;
• papiers personnels ;
• médicaments urgents ;
• couvertures ; vêtements de rechange ;
• matériel de confinement.

S'informer en mairie :
• des risques encourus ;
• des consignes de sauvegarde ;
• du signal d'alerte ;
• des plans d'intervention (PPI).

Organiser :
• le groupe dont on est responsable ;
• discuter en famille des mesures à prendre si une catastrophe survient (protection, évacuation, points de ralliement).

Simulations :
• y participer ou les suivre ;
• en tirer les conséquences et enseignement.

PENDANT

Évacuer ou se confiner en fonction de la nature du risque.

S'informer : écouter la radio : les premières consignes seront données par France Inter et les stations locales de RFO.

Informer le groupe dont on est responsable.

Ne pas aller chercher les enfants à l'école.

APRÈS

S'informer : écouter et suivre les consignes données par la radio et les autorités.

Informer les autorités de tout danger observé.

Apporter une première aide aux voisins ; penser aux personnes âgées et handicapées.

Se mettre à la disposition des secours.

Évaluer :
• les dégâts ;
• les points dangereux et s'en éloigner.

Ne pas téléphoner

Consignes spécifiques

AVANT

Si vous avez à franchir une zone douteuse :

• Détecter les zones à risques et les éléments aggravants de terrain (ruisseau, ravin).

• Dégager dragonnes, lanières et une bretelle du sac.

• Mettre un foulard sur la bouche.

• Traverser un à un, puis s'abriter en zone sûre.

• Ne pas céder à l'euphorie en groupe !

PENDANT

• Tenter de fuir latéralement.

• Se débarrasser des bâtons et du sac.

• Fermer la bouche et protéger les voies respiratoires pour éviter à tout prix de remplir ses poumons de neige.

• Essayer de se cramponner à tout obstacle pour éviter d'être emporté.

• Essayer de se maintenir à la surface par de grands mouvements de natation.

APRÈS

• Ne pas s'essouffler en criant, pour tenter de se faire entendre, émettre des sons brefs et aigus (l'idéal serait un sifflet).

• Faire le maximum d'efforts pour se dégager quand on sent que l'avalanche va s'arrêter ; au moment de l'arrêt, si l'ensevelissement est total, s'efforcer de créer une poche en exécutant une détente énergique ; puis ne plus bouger pour économiser l'air.

Des consignes de sécurité s'adressent plus spécifiquement aux skieurs :

• se tenir informé des conditions météorologiques et des zones dangereuses : un drapeau à damier noir et jaune signifie un danger d'avalanche sur
la station ; un drapeau noir associé au précédent signifie que le danger est généralisé ;

• en période dangereuse, ne pas quitter les pistes ouvertes, damées et balisées ;

• si l'on pratique le ski de randonnée et le ski hors piste, se munir d'un ARVA, d'une pelle et d'une sonde ;

• ne pas partir seul et indiquer itinéraire et heure de retour.

  Les drapeaux d'alerte

Les drapeaux d'alerte avalanche utilisés
sur les domaines skiables des stations de sports d'hiver

L'indemnisation

La loi n°82-600 du 13 juillet 1982 modifiée, relative à l'indemnisation des victimes de catastrophes naturelles (art. L.125-1 à L.125-6 du code des assurances) a fixé pour objectif d'indemniser les victimes de catastrophes naturelles en se fondant sur le principe de solidarité nationale.

Pour que le sinistre soit couvert au titre de la garantie « catastrophes naturelles », il faut que l'agent naturel en soit la cause directe. De plus, les victimes doivent avoir souscrit un contrat d'assurance garantissant les dommages aux biens ainsi que, le cas échéant, les dommages aux véhicules terrestres à moteur. Cette garantie est étendue aux pertes d'exploitation, si elles sont couvertes par le contrat de l'assuré.

L'état de catastrophe naturelle, ouvrant droit à la garantie, est constaté par un arrêté interministériel (ministère de l'Intérieur, ministère de l'Économie et des Finances) qui détermine les zones et les périodes où s'est située la catastrophe ainsi que la nature des dommages couverts par la garantie (article L. 125-1 du Code des assurances).

 

 

Quelques précisions

Le Cemagref est un institut public de recherche pour l'ingénierie de l'agriculture et de l'environnement. L'un de ses axes de recherche concerne notamment les avalanches.

Les services RTM
Initiées par une loi de boisement, des actions de restauration des terrains en montagne ont été entreprises en France dès 1860. L'objectif était de reboiser pour lutter contre l'érosion, puis les missions se sont progressivement diversifiées : génie écologique (réengazonnement) et génie civil (correction torrentielle et ouvrages paravalanches).
Ce n'est qu'en 1980 que sont (re)créés les services de restauration des terrains en montagne (RTM), dans onze départements de haute montagne. Ils opèrent au sein de l'Office national des forêts et leurs missions actuelles se sont également élargies à l'expertise risques naturels.

La mitigation concerne notamment : les constructions (privées et publiques), les bâtiments industriels et commerciaux, ceux nécessaires à la gestion de crise, les réseaux de communication, d'électricité, d'eau, de communication, etc.

Pour en savoir plus sur les réglementations en vigueur, se référer au guide méthodologique « Plan de prévention des risques naturels (PPR)
- Risques d'avalanche » dont des extraits sont disponibles : en cliquant ici

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