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seminaire  

Atelier 1
Etude de la vulnérabilité d'un territoire

 

Animateur : P. Barbier - ENSG
Rapporteur : P. Marmonier - ENSG

L'atelier a débuté par un rappel des objectifs à atteindre. En particulier il s'agissait de modéliser les éléments intervenants dans l'estimation de la vulnérabilité d'un territoire, puis de vérifier l'adéquation du modèle à la problématique soulevée.

Cet objectif a permis de chercher des définitions acceptables par tous les participants autour de concepts tels que vulnérabilité, risques, dommages, aléas ou encore territoires. La recherche des éléments permettant de traduire concrètement ces concepts a conduit à d'une part l'élaboration d'un modèle de données qui peut être décliné selon les utilisations spécifiques des participants, et d'autre part à la description des processus à mettre en œuvre afin de parvenir à atteindre les objectifs fixés.

Le point de départ de la réflexion fût la définition avancée pour la vulnérabilité d'une entité: la propension de cette dernière à subir des dommages. Cette vulnérabilité a été caractérisée par la capacité de résistance à un dommage puis par l'endommagement qui en découle. Ses caractéristiques dépendent de multiples facteurs tels que le temps, les mesures préventives, la durée de l'événement ou encore de la gestion des secours. Cette discussion a mis en avant la nécessité de préciser la notion de territoire. Celle ci fut liée aux préoccupations des décideurs et comprend trois composantes principales: la composante socioculturelle, la composante économique et la composante écologique. La définition d'une échelle des dommages commune à chacune de ces composantes peut difficilement être réalisée afin d'évaluer ces derniers. Les dommages économiques peuvent être traduits en terme de valeur par un montant des dommages alors que cette unité monétaire ne peut être utilisée pour estimer les dégâts écologiques. Aussi des territoires du modèle ont été définis comme des entités en rapport avec chacune des préoccupations au niveau socioculturel, au niveau économique puis au niveau écologique. Le territoire réel pouvant être perçu comme la superposition des précédents et sa vulnérabilité se déclinera selon ces trois niveaux en terme de désastres humains et de dégâts écologiques ou économiques.

Plusieurs remarques ont été faites notamment en ce qui concerne l'échelle utilisée lors des études ou plus généralement sur la taille des territoires concernés. Les résultats d'un aléa frappant une entreprise isolée ne peuvent être généralisés aux conséquences de ce même aléa sur une région. Le déploiement des secours sur un territoire vaste, et donc la moindre possibilité d'aide apportée aux victimes, augmentera les conséquences d'une catastrophe par rapport à un événement localisé où seront concentrés tous les moyens de secours. Les dégâts ne pourront pas être comparés car d'un côté ils concernent une entreprise isolée, et de l'autre un ensemble de partenaires économiques dont le mauvais fonctionnement peut influer sur l'activité globale de la région.
L'analyse spatiale est le moyen permettant de mettre en référence aléas et territoires et fournit les outils nécessaires à la quantification de la vulnérabilité même si les études utilisent des exemples d'aléas. La définition d'une vulnérabilité globale a été soulevée en remarquant que les études sont menées en considérant des aléas particuliers. Or la quantification des risques se veut indépendante de l'aléa afin d'estimer les risques globaux.

Les effets dominos doivent pouvoir être pris en compte par le modèle afin de d'estimer l'ensemble des conséquences d'un aléa sur les territoires. Ainsi les dommages provoqués sur un objet amoindriront sa résistance, pouvant entraîner une autre catastrophe. Il est nécessaire de pouvoir réaliser des itérations afin d'obtenir des résultats fiables en terme de conséquences globales sur le territoire. Une nouvelle fois la dimension géométrique des territoires apparaît comme primordiale afin de tenir compte de l'ensemble des éléments touchés par une catastrophe.

L'atelier a montré qu'il était possible d'élaborer rapidement un modèle consensuel de données localisées accepté par l'ensemble des participants rendant nécessaire l'utilisation de l'information géographique comme le lien principal existant entre toutes les entités manipulées. Elle permet outre d'établir des liens, d'effectuer la modélisation des phénomènes et donc d'estimer les conséquences d'aléas survenant dans une région ou un territoire. Cela traduit son potentiel dans les études de vulnérabilité concernant des territoires en rendant possibles des analyses complexes mélangeant de nombreux facteurs et prenant en compte leurs impacts sur les différents aspects retenus concernant notamment les conséquences humaines, la valeur écologique et l'activité économique.
Le modèle de la vulnérabilité proposé permet de synthétiser les données communes fournissant ainsi aux gestionnaires d'espaces les premiers outils d'analyses partageables. Voir le schéma.

En conclusion, la vulnérabilité des territoires est un domaine où l'information géographique et les SIG peuvent jouer un rôle primordial, en permettant d'homogénéiser les grilles d'analyse territoriales d'une part et en aidant les spécialistes et les décideurs à contrôler, à simuler et à analyser les situations pouvant se présenter de l'autre. Ces travaux permettant d'anticiper, de définir des mesures préventives ou de réagir plus efficacement aux conséquences des aléas sur un territoire.


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