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seminaire  

Atelier 2
Information du citoyen par les cartes sur internet

 

Animateur et rédacteur : Jacques Grandjean - ENSG

L'atelier a débuté par le témoignage de Roger Lair (Préfecture de l'Aude) et d'Hélène Durand (Société Alizé) qui ont présenté la démarche de mise en oeuvre du site de la Prévention des Risques Majeurs de l'Aude.

Au travers des questions posées aux intervenants par les participants, deux axes se sont dégagés :
le premier concerne les attentes et besoins du public face à un tel site,
le second concerne la démarche de mise en oeuvre du site.

Les attentes du citoyen auxquelles doit répondre un tel site sont les suivantes :

  • transparence et cohérence des informations fournies ( d'autant qu'internet permet de recouper l'information) ;
  • information synthétisée et compréhensible par des non-spécialistes,
  • information actualisée ( le citoyen peut accepter un document papier administratif daté , mais pas une information en ligne périmée);
  • ergonomie conviviale : compatibilité de la solution technique avec tous les navigateurs, interface simple, représentations cartographiques simples avec des échelles adaptées à l'information représentée, repérage aisé, complémentarité de la carte et du texte;
  • interactivité : obtenir rapidement une réponse à une question posée (ce qui est parfois incompatible avec la logique administrative : le fonctionnaire qui répond engage la responsabilité de l'État et n'a pas forcément la délégation nécessaire )

La mise en oeuvre confronte le porteur du projet à plusieurs problèmes :

  • définir le profil de l'utilisateur,
  • définir les objectifs (par exemple "quelle est la valeur ajoutée du site par rapport à des documents consultables en mairie ?", "quelles expériences souhaite-t-on faire partager qui puissent être utiles à d'autres département ?)
  • définir la méthodologie du projet (hiérarchisation des priorités, identification des acteurs...)
  • définir les moyens nécessaires (budget, organisation pour actualiser le site, ...)
  • mobiliser les acteurs impliqués dans le nécessaire partage des informations et vaincre le cloisonnement entre les services de l'État,
  • prendre en compte les droits d'auteurs relatifs aux données utilisées,
  • prendre en compte l'impact de la représentation cartographique du risque sur le public (et les élus).
  • faire connaître le site,
  • mesurer l'impact du site sur les citoyens ( et les élus)...

En conclusion,

Au travers du témoignage de la mise en place d'un serveur dédié à la prévention des risques majeurs au sein de la Préfecture de l'Aude et du débat qui a suivi, c'est plus le rôle de l'État qui a été abordé que la place du citoyen. Est-ce dû au poids de l'État omniprésent en France qui laisse peu de place aux initiatives citoyennes ? Pourtant, il apparaît que le monde associatif, par sa souplesse et sa liberté d'expression, est plus à même de répondre au besoin d'interactivité des citoyens que l'État dont la logique administrative empêche de s'adapter à la "révolution de l'interactivité" apportée par internet. Le site "Radiophare", créé en quelques heures après le naufrage du pétrolier ERIKA par un collectif et avec des informations fournies par des citoyens, a permis de répondre rapidement au besoin d'information du public, alors que l'État en a été incapable.

Il y a sans doute à construire la complémentarité de l'État et des initiatives citoyennes pour mieux répondre aux besoins d'informations et d'interactivité du public.


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