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seminaire  

Atelier 3
Porter l'incertitude sur la carte

 

Animateur : Marc Leobet - MATE
Rapporteur : Francis Dhée - ENSG

L'atelier a commencé par la présentation de M. Borel, du CEMAGREF, sur un problème de report de limites d'avalanches du 1 : 25 000 au 1 : 1 000. Ces limites, significatives au 1 : 25 000 perdaient leur sens dans un report sur le cadastre car elles n'avaient pas été prévues ou saisies pour une telle échelle. Une question a découlé de cet état de fait : faut-il accepter de faire des agrandissements alors que l'on sait que la précision demandée n'est pas significative ou impossible à réaliser? De l'avis général, un refus est préférable, mais n'est pas toujours possible (obligation légale, réquisition).

Ma position de rapporteur et de cartographe, extérieure à la problématique des risques majeurs, m'a fait percevoir deux signes remarquables dans le débat qui s'est ensuite rapidement engagé.

Dès le début, les participants de l'atelier se sont écartés du titre. Ils ont réagi en " techniciens ", en créateurs de données et ont engagé une discussion autour de ce qui cause l'incertitude (précision du levé, généralisation du fond, échelle peu ou pas adaptée) plutôt que sur comment représenter cette incertitude, quand elle existe, sur une carte. Ce qui montre que leur premier problème est bien de gérer l'incertitude, plutôt que la porter sur la carte.

Les causes d'incertitudes sont nombreuses, et il est apparu qu'en général, il n'était pas, ou difficilement, possible d'agir sur celles-ci (à des coûts raisonnables). Une solution proposée est l'ajout d'une notice précisant les conditions et les limites d'utilisation et donc de précision sur la carte ou le document. Mais il a été également dit que c'est au cartographe d'anticiper la mauvaise utilisation de sa production par l'usager, qui oublie le plus souvent de même regarder la légende.

Il est apparu finalement dans la discussion, ce qui ne sera une surprise pour personne, qu'une carte doit être fonction de sa cible, c'est-à-dire de celui qui finalement aura à gérer cette incertitude. On a vu apparaître deux utilisations principales, celle du professionnel et celle de l'usager. La première vise le spécialiste, comme une carte d'inventaire par exemple, et sert de base à une étude ou à l'instruction de permis de construire, avec des contraintes de lisibilité et d'efficacité, voire de rendement. C'est la carte opposable, du type OUI/NON, qui est toujours le résultat d'un choix politique, et ce choix peut d'ailleurs aussi bien se faire au 1 : 25 000 qu'au 1 : 5 000. La meilleure solution pour résoudre un problème de généralisation et de changement d'échelle, dans des cas où les éléments sont en pratique non-superposables, semble bien grossir en proportion du changement d'échelle l'épaisseur du trait d'origine.

La seconde est une carte de type " communication ", c'est une carte " tous publics " plus générale qui se contente de montrer le résultat d'une étude. L'application du principe de précaution dans les cartes informatives est plusieurs fois citée, mais l'application d'une zone tampon de même largeur tout autour de la zone est par contre condamnée comme trop mécanique.

En fin d'atelier, plusieurs solutions ont été envisagées, parmi lesquelles : utiliser un trait épais ou en dégradé ou encore en tireté, plutôt qu'une limite fine et nette, créer des classes... Mais la principale conclusion est que l'incertitude sur une carte du risque est d'abord celle de la carte d'aléa. La proposition finale de l'atelier est bien que l'expert porte sur cette carte sa propre incertitude, au moyen d'une zone grise. Ensuite, il appartiendrait au spécialiste du domaine concerné et au cartographe de traiter le plus judicieusement et honnêtement la représentation de l'incertitude sur une carte, de façon à ce que chacun, citoyen ou élu, puisse se déterminer et faire son meilleur choix.


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