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seminaire  

Atelier 3
Analyse de la vulnérabilité économique

 

Animateur : Marc Léobet
Rapporteur : Pascal Barbier

Document rédigé le 25 avril 2002


 


La journée organisée par le MATE à l'occasion du Géoévénement 2001 consacrée à la modélisation de la vulnérabilité a permis aux participants de produire un modèle de données consensuel, qui mette en évidence les caractéristiques humaines, économiques et écologiques des territoires ainsi que la dynamique de l'impact de(s) l'aléa(s) sur ces territoires.
Cette dynamique se matérialise par la capacité des aléas successifs à entamer les capacités de résistance des territoires, de manière séquentielle et combinatoire.

voir schéma

L'atelier du 10 avril 2002 est l'occasion de rappeler les conclusions établies précédemment et d'essayer d'approfondir ces aspects de modélisation de la vulnérabilité des territoires, de manière à les prendre mieux en compte dès la structuration des bases de données sur lesquelles s'appuient les efforts de prévention aléas ou de gestion de crise.
L'assemblée est composée d'une trentaine de personnes.


Modélisation de la vulnérabilité fonctionnelle :

La plupart des travaux de modélisation -et des implémentations en bases de données structurées qui en découlent- se limitent à la description factuelle des territoires par l'énumération des objets qui les composent. La composante fonctionnelle de ces objets est souvent omise. Cela se traduit par l'incapacité à prévoir ou a évaluer l'impact fonctionnel d'un endommagement.
Par exemple, la destruction d'une usine importante aura des conséquences non seulement sur son activité propre, mais aussi sur l'activité de ses fournisseurs qui verront se tarir un débouché pour leurs produits ou ses clients qui pourront être victimes d'une rupture d'approvisionnement.
Autre exemple la rupture d'un pont peut isoler un ensemble d'habitation dont il convient de connaître le nombre. Ainsi au delà de l'endommagement observable, les effets rebonds, souvent très important et parfois d'importance supérieure à l'endommagement constaté peuvent être analysés.


Un objectif prioritaire est de sensibiliser les décideurs et les gestionnaires

Depuis quelques années des progrès sont réalisés en matière d'évaluation des enjeux. Pour autant, on n'assiste pas systématiquement à la mobilisation des décideurs en matière de prévention.
L'évaluation chiffrée des enjeux, souvent perçue comme le levier vis-à-vis des décideurs, est liée à une probabilité assez faible de réalisation qui, de fait ne favorise pas l'action.
Les experts se posent la question de savoir comment montrer la vulnérabilité, qui est peut être plus convaincant que les tentatives d'estimations chiffrées. Les deux démarches restent complémentaires, mais le sentiment est donné d'une priorisation de la communication de ces aspects sur l'évaluation.


Avoir la capacité à maîtriser les modèles de données :

La modélisation permet de réfléchir sur les indicateurs à mettre en place. Ces indicateurs permettent ensuite de prédire, quantifier et cartographier des phénomènes. La richesse et l'importance de ces points apparaissent donc immédiatement.
Néanmoins une richesse trop grande d'indicateurs peut se heurter à l'incapacité de réunir l'information réelle sur le terrain. Il convient donc de limiter les indicateurs à ceux qui sont à la fois pertinents en regard des questions que l'on souhaite poser au système d'information, mais qui sont réalistes sur le plan de la capacité de collecte.
Des intervenants expriment leurs souhaits de voir les modèles de données prendre en compte la gestion des ressources de manière à apporter une aide à la décision en cas de gestion de crise.


Une réflexion évolutive :

La réflexion autour de la vulnérabilité est en train de vivre une migration. D'abord stratégique la réflexion sur le vulnérabilité s'est, dans un premier temps, réfugiée dans le domaine des sciences "dures ", puis a migré vers le domaine économique et rejoint enfin le champ social et politique. On peut le mesurer par des exemples récents ou des aléas ont provoqués des endommagements physiques (relativement) faibles alors que l'impact social -et médiatique- a été très fort.

Accéder à l'information, une chance ou un danger ?

La question de l'accès à l'information dépasse le problème de sa collecte et de son traitement. Politiquement, est-il plus prudent de ne rien savoir et de ne rien faire ou bien de savoir modérément et de faire un peu ? La question n'est pas sans incidence sur l'énergie que les élus vont développer pour accéder à la connaissance des enjeux, car ce niveau d'information sera mis en relation avec leurs responsabilités politiques et sociales en cas de survenance d'un aléa. Certains préfèrent finalement s'en tenir au doute.
Toutefois cette attitude prudente mais peu porteuse de progrès régresse... apparemment !

Une réflexion bornée par le " risque faible " ?

La mise en œuvre de ces scénarios permet de progresser en définissant des critères communs, connus de tous : les seuils. La meilleure connaissance de la vulnérabilité réelle d'un territoire progresse. On constate semble-t-il une progression vers une définition des critères d'acceptabilité des risques faibles.
Pour conclure, en restant cohérent avec les conclusions de l'atelier de l'an 2001, on peut synthétiser la réflexion en constatant que les premières réflexions sur la vulnérabilité des territoires "économiques " furent initiées par les assureurs.
On assiste désormais à une évolution concernant les caractéristiques de vulnérabilités sociales de ces territoires portés par l'Etat et les acteurs politiques locaux.
On peut se risquer à prédire une continuité dans cette évolution ; il conviendra alors d'aborder la vulnérabilité des territoires, au niveau des citoyens, sous l'angle écologique.

PB

 

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