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Dossier du mois  

"Il faut réduire la vulnérabilité des populations"


Gérard Brugnot est délégué aux risques naturels au Cemagref. Depuis plusieurs années, il participe au lancement de programmes de recherche, notamment sur les risques en zone montagneuse.

 

A quels risques naturels sont confrontées les populations des régions de montagnes et comment les définiriez-vous ?

Gérard Brugnot : Les risques naturels qui entrent dans le champ d'action du Cemagref sont classés en trois catégories : les inondations, les feux de forêts et les risques gravitaires. Ces derniers regroupent l'ensemble des risques liés à la montagne, à savoir les chutes de blocs de pierre, les chutes de neige et de glace (avalanches, séracs…), les risques liés aux torrents et les glissements de terrain. A l'intérieur de ces différentes catégories, il convient également de distinguer les catastrophes sources de dégâts matériels majeurs et pouvant avoir une extension géographique importante et lente, comme les inondations de plaine, et les risques plus limités dans l'espace, mais très soudains, comme les risques gravitaires. Les premiers ne sont généralement pas mortels pour les populations, alors que les seconds (avalanches, chutes de pierre, etc.) le sont quasi systématiquement lorsqu'on se trouve dans leur périmètre géographique.


Quelles actions sont menées par le Cemagref pour mieux prendre en compte ces risques naturels ?

G.B. : Depuis quatre ans, nous avons participé à un certain nombre de programmes, en collaboration avec d'autres organismes de recherche, sur le plan français et européen. Actuellement, les chercheurs du Cemagref travaillent surtout sur une meilleure connaissance des aléas : il faut connaître les conditions de déclenchement des phénomènes, leurs trajectoires, leurs effets, les zones potentiellement concernées. Ce n'est que dans une seconde étape qu'il sera possible d'analyser les risques en tant que tels. Les domaines couverts sont alors très vastes. Ils vont de la recherche en génie civil à l'étude des impacts psychosociaux sur les populations !


Avez-vous des exemples précis de travaux réalisés pour mieux maîtriser les risques ?

G.B. : Oui, bien sûr ! Par exemple, nous avons participé au recensement et au diagnostic des digues en rivières de France, tant en montagne qu'en plaine. Nous nous sommes vite aperçus que nous avions de grandes longueurs de digues en mauvais état et dont plus personne ne s'occupait ! Après ce premier inventaire, nous avons tenté de prendre en compte les risques encourus par les populations riveraines (vulnérabilité) pour proposer des priorités d'intervention.
Dans le cas particulier des torrents, il a été procédé à une étude économique, sur un site expérimental, de solutions de réduction de vulnérabilité qui a consisté en un état des lieux systématique, suivi d'une étude coût-avantage des différentes parades possibles en cas de crue brutale. On peut également citer les recherches sur la fonction de protection de la forêt vis-à-vis des avalanches et des chutes de blocs. Ces recherches ont fait largement appel à l'analyse spatiale (utilisation des systèmes d'information géographique).


Quels axes de progrès voyez-vous pour une meilleure connaissance des risques naturels en montagne ?

G.B. : Je pense qu'il vaudrait mieux prendre en compte le risque dans son sens premier, à savoir faire le maximum pour éviter qu'une catastrophe ne se produise. Aux Etats-Unis pour les inondations et, plus près de nous, en Suisse pour les risques de la montagne, cette culture de prévention est bien développée. Tout est entrepris pour définir les meilleures solutions de protection contre ce que l'on redoute, sur la base d'études technico-économiques. Cela entraîne des actions pour la protection des populations qui peuvent, aux Etats Unis, aller jusqu'à l'expropriation de fait de quartiers entiers ! Il s'agit de réduire la vulnérabilité des populations, avec des moyens qui vont bien au-delà de la simple mise en place de digue ou de paravalanches !



Remarque générale :
Les entretiens publiés dans cette rubrique ont pour but de permettre à chacun de construire sa propre opinion en fonction des propos qui y sont rapportés. Les avis exprimés n'impliquent aucune caution de la part de Prim.net.
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