Ce phénomène naturel affecte aussi bien les côtes rocheuses par glissement et effondrement de falaise (Nord - Pas-de-Calais, Normandie, côte basque) que les côtes sableuses soumises à l'érosion par les vagues et les courants marins.
En France, 1 800 km de côte sont concernés par un recul
compris entre 0,5 et 1m par an.
Le risque de mouvements de terrain dans le monde
et en France
Les mouvements de terrain les plus dévastateurs et meurtriers se produisent généralement dans les pays en développement, où la densité de population est très importante et les règles de construction peu respectées. En France, les mouvements de terrain concernent sept mille communes, dont un tiers avec des risques pour la population.
| Mouvements de terrain majeurs historiques en France |
Année |
Localisation |
Dégâts |
Victimes |
1248
|
Mont Granier (Savoie)
|
Un écroulement détruit plusieurs villages |
Plusieurs milliers
de morts
|
| 1442 |
Claps du Lac (Drôme) |
Obstruction totale de la vallée de la Drôme |
|
| 1961 |
Clamart (Hauts-de-Seine) |
Un effondrement affecte 8 ha au-dessus d'une ancienne carrière souterraine de craie |
21 morts |
| 1970 |
Plateau d'Assy (Haute-Savoie) |
La coulée de boue et de neige fait suite à un réchauffement brutal et détruit un sanatorium |
70 morts |
| 1981 |
Grand-Ilet, cirque
de Salazie (Réunion) |
|
10 morts |
| 1987 |
Modane (Savoie) |
Une coulée de boue envahit la ville. 6 millions d'euros de dégâts |
|
| 1994 |
La Salle-en-Beaumont (Isère) |
Le glissement se produit après des précipitations très importantes Plusieurs maisons et l'église détruites |
4 morts |
| 2000 |
Remire-Montjoly (Guyane) |
|
10 morts |
| 2001 |
Féterne (Haute-Savoie) |
Une cinquantaine de bâtiments endommagés ou détruits |
|
| Mouvements de terrain majeurs actifs en France |
Depuis |
Localisation |
Volume |
Menaces |
| 1976 |
Les Ruines
à Séchilienne
(Isère) |
2 à 3 millions de m3
(masse active) |
Hameau de l'Ile-Falcon, obstruction de la vallée de la Romanche et, indirectement, menace sur l'agglomération grenobloise en cas de rupture du barrage ainsi formé.
Il s'agit probablement de la réactivation d'un glissement ancien stabilisé. |
| 1976 |
La Clapière à Saint-Étienne-de-Tinée (Alpes-Maritimes) |
50 millions de m3 |
Risque d'obstruction de la Tinée et d'inondation du village de Saint-Étienne-de-Tinée |
Les enjeux
Les grands mouvements de terrain étant souvent peu rapides, les victimes sont, fort heureusement, peu nombreuses. En revanche, ces phénomènes sont souvent très destructeurs, car les aménagements humains y sont très sensibles et les dommages aux biens sont considérables et souvent irréversibles.
Les bâtiments, s'ils peuvent résister à de petits déplacements, subissent une fissuration intense en cas de déplacement de quelques centimètres seulement. Les désordres peuvent rapidement être tels que la sécurité des occupants ne peut plus être garantie et que la démolition reste la seule solution.
La gestion du risque de mouvements de terrain
La complexité géologique des terrains concernés rend parfois délicat le diagnostic du phénomène. La prévention des risques et la protection des populations nécessitent, au moins pour les sites les plus menaçants, des études et reconnaissances délicates et coûteuses.
- La prévention
La maîtrise de l'urbanisation s'exprime au travers des plans de prévention des risques naturels, prescrits et élaborés par l'État. Dans les zones exposées au risque de mouvements de terrain, le PPR peut prescrire ou recommander des dispositions constructives, telles que l'adaptation des projets et de leurs fondations au contexte géologique local, des dispositions d'urbanisme, telles que la maîtrise des rejets d'eaux pluviales et usées, ou des dispositions concernant l'usage du sol.
La construction adaptée : la diversité des phénomènes de mouvements de terrains implique que des mesures très spécifiques soient mises en oeuvre à titre individuel. Certaines de ces mesures sont du ressort du bon respect des règles de l'art, d'autres, au contraire, nécessitent des investigations lourdes et onéreuses. La protection contre le retrait-gonflement des argiles nécessite des mesures relativement simples d'adaptation du bâtiment au contexte local. Généralement, le fait de descendre les fondations au-delà de la zone sensible à la dessiccation du sol suffit (vers 1,5 m). Le renforcement de la structure du bâtiment limite également le risque de fissuration des murs. Il est possible d'agir sur l'évaporation de l'eau du sol en aménageant un trottoir bétonné en périphérie du bâtiment ou en supprimant la végétation à proximité des fondations. La construction en zone sensible aux effondrements de cavités souterraines pose des problèmes bien plus sérieux, car ils peuvent mettre en jeu la vie des occupants. La recherche de cavités éventuelles est un préalable à l'aménagement dans ces zones sensibles. Elles pourront être mises en évidence au moyen de techniques de géophysique (migrogravimétrie, sondages sismiques, etc.), mais surtout grâce aux sondages de reconnaissance. Dès lors qu'une cavité souterraine est identifiée au droit d'un projet, on peut opter pour une solution de remplissage ou de fondations profondes descendant au-delà de la
cavité [illustration ci-dessous]. Ces mesures, les seules permettant d'assurer la pérennité du projet, grèvent fortement le coût de la réalisation.
Lorsqu'une cavité souterraine est repérée sous un bâtiment existant ou projeté,
on peut soit remplir la cavité, si elle est petite, soit implanter
des fondations profondes si elle est trop grande.
L'information du citoyen : le droit à l'information générale sur les risques majeurs s'applique. Chaque citoyen doit prendre conscience de sa propre vulnérabilité face aux risques et pouvoir l'évaluer pour la minimiser. Pour cela il est primordial de se tenir informé sur la nature des risques qui nous menacent, ainsi que sur les consignes de comportement à adopter en cas d'événement (site du MEDD http://www.prim.net, mairie, services de l'État).
La surveillance : lorsque les mouvements de terrain déclarés présentent un risque important pour la population, des mesures de surveillance sont souvent mises en oeuvre (inclinométrie, suivi topographique, etc.). Ces mesures permettent de contrôler l'évolution du phénomène et une éventuelle aggravation. Les ruptures, qui peuvent avoir des conséquences catastrophiques, sont en général précédées d'une période d'accélération des déplacements. Les spécialistes tentent de mettre en évidence ces accélérations, afin de pouvoir évacuer préventivement les populations.
L'inclinomètre est un appareil circulant dans un tube spécial qui traverse
la surface de glissement. Ce dispositif permet de mesurer la vitesse
et la profondeur du déplacement.
L'alerte : en cas d'événement majeur, la population est avertie au moyen du signal national d'alerte.
- La protection
Il est souvent difficile d'arrêter un mouvement de terrain après son déclenchement. Toutefois, pour les phénomènes déclarés et peu actifs, il est possible de mettre en oeuvre des solutions techniques afin de limiter le risque, à défaut de le supprimer.
Les actions de protection sont multiples et varient d'un phénomène àl'autre.
Les tassements et gonflements du sol :
- reprise en sous- oeuvre des bâtiments ;
- lutte contre la dessiccation des sols.
Les glissements de terrain :
- le drainage consiste à évacuer l'eau du sol ;
- le soutènement permet de s'opposer au déplacement du terrain.
Les chutes de blocs :
- mise en place d'ouvrages d'arrêt ;
- purge et stabilisation des masses instables.
Les coulées boueuses :
- drainage des sols ;
- végétalisation des zones exposées au ravinement ;
- correction torrentielle.
L'érosion littorale :
- mise en place d'enrochements, d'épis, etc.
Les effondrements de cavités souterraines :
- renforcement ou remplissage des cavités ;
- fondations profondes.
L'organisation des secours
Le maire peut élaborer sur sa commune un plan communal de sauvegarde qui est obligatoire si un PPR est approuvé. Si la situation le nécessite, le préfet a la possibilité de mettre en oeuvre le plan Orsec.
Les consignes
Les consignes générales s'appliquent à l'exception du confinement, remplacé par l'évacuation.
L'indemnisation
Les préjudices occasionnés par les mouvements de terrain sont couverts au titre de la garantie " catastrophes naturelles ", qui permet l'indemnisation des victimes selon les conditions d'application définies précédemment.
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