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seminaire  

Quelques mots en guise de conclusion

 

Points préliminaires, d'où résulte ce qui suit…
Le citoyen veut participer à la définition du niveau de risque auquel il est soumis. Il faut admettre qu'on est passé de la notion de risque acceptable à la notion de risque accepté. Cette évolution peut être très dangereuse si on laisse croire que l'option "zéro" est un option de risque possible. C'est dans ce contexte que la nécessité d'outils de représentation spatialisés, avec tout ce qu'ils peuvent représenter comme support pédagogiques, est de plus en plus pressante. Ces outils permettent de mettre, derrière un niveau de risque accepté, non plus une abstraction, mais des scénarios d'accident qu'il faudra bien appeler par leur nom.

Point 1 : de l'affichage du risque à la réduction de la vulnérabilité
La mécanique PPR a fait ses preuves. L'important est désormais, à partir du diagnostic que le PPR a permis de réaliser, de passer à la phase de réduction de vulnérabilité soit, pour utiliser une métaphore médicale, de la phase symptomatique à la phase curative. Les outils géomatiques sont des outils très précieux de représentation, indispensables à tous les stades de la "négociation" du risque. Une difficulté est que l'on ne sait pas mesurer la vulnérabilité ; on n'est pas sorti, en France, de 20 ans de querelles sémantiques sur sa définition alors que certains pays ont depuis très longtemps des programmes opérationnels diagnostic/réduction, fondés sur une approche spatiale et économique (l'analyse coût-bénéfices a 75 ans aux Etats-Unis pour les inondations). En France, après une période de grand enthousiasme pendant la décennie 1980, on a complètement abandonné l'approche économique et ainsi provisoirement fermé le chantier de la géoéconomie qui seul permettra de sortir de l'impasse actuelle. On entend par là l'utilisation d'outils faisant appel à des variables spatiales permettant de quantifier la vulnérabilité des objets spatiaux, ces variables ayant des propriétés minimale de comparaison et de sommation. Cette approche est la seule qui permettra l'évaluation des politiques de réduction de la vulnérabilité ; elle devra associer le monde des assurances.

Point 2 :"Prolifération" de systèmes d'informations à référence spatiale
Notable dans le domaine des risques en particulier et de l'aménagement du territoire en général, cette prolifération conduit à se poser des questions de lien entre ces systèmes, notamment du fait des échelles, de mises à jour plus ou moins synchronisée. Ceci doit inciter à réfléchir au décloisonnement des systèmes et à les faire communiquer dans le cadre d'un "SIRS territorial du développement durable". Il s'agit probablement plus de créer une interopérabilité que de créer une gigantesque "usine à gaz". Derrière ces aspects techniques, se profilent des aspects politiques que l'on aurait tort de négliger : le SIRS est un formidable outil d'aide à la négociation des risques, mais ce peut être un redoutable outil technocratique. D'un point de vue pratique, on peut proposer des lieux d'échanges comme ce séminaire mais aussi la création de bases de données territoriales numérisées au niveau départemental ou régional, à l'image de ce qui a été créé en Haute Savoie. Sur une telle base, dont la gestion doit être naturellement pérennisée, peuvent être "greffés" tous les produits d'analyse territoriale mis au point au fur et à mesure des commandes des collectivités territoriales.

Point 3 : Coopération européenne et internationale
Afin de progresser sur les points mentionnés, il est souhaitable de regarder ce qui se fait hors de nos frontières, afin d'extraire un certain nombre d'idées mais aussi de faire connaître notre démarche, qui présente des points originaux.

Message "personnel"
La deuxième édition du séminaire SIRNAT, dont le sujet est proche, qui réunit des chercheurs et des praticiens, aura lieu les 6 et 7 décembre à Sophia-Antipolis.

Gérard Brugnot - Délégué aux risques Naturels au Cemagref

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