Il y a tout juste un mois, les
élus réunis en conseil municipal prenaient connaissance de la
manne de 48 millions de francs de subventions qui allaient être
octroyée à la ville pour se défendre contre la mer dans le
cadre du contrat de plan état-région qui débute en l'an
2000 pour s'étaler sur six ans. Ce jour-là ont
été présentés les deux projets, l'un soutenu par la
DDE et l'autre par le SMACOPI, concernant l'utilisation de ces fonds.
Rappelons que le projet de la Direction Départementale de
l'Equipement prévoyait l'utilisation intégrale de cette somme
(à laquelle doit s'ajouter une participation de 12 millions de francs de
la ville) pour la défense de la falaise. Restauration de la plage,
reconstruction d'épis, enrochements en pied de falaise sont les travaux
préconisés. Le SMACOPI en revanche propose de consacrer 7
millions de francs à protection du pied de falaise à l'endroit le
plus sensible, |
de conforter et d'embellir la
casquette, puis de "purger' la falaise. Dans son projet, le Syndical Mixte
d'Aménagement de la Côte Picarde envisage aussi
l'éventualité de la destruction du casino et la
possibilité de la mise en impasse de la grande rue. C'est sur ce
dernier point que la plupart des commerçants de cette artère,
là où sont regroupées la plupart des enseignes de la
ville, clament haut et fort leur stupeur et parfois même leur
colère. Une vingtaine d'entre eux ont assisté à la
réunion de conseil municipal au cours de laquelle ont été
présentés ces deux projets, et ce jour-là
déjà, par la voix d'Yves Boinet, ils s'insurgeaient
déjà contre l'éventualité de voir cette rue mise en
impasse.
"Une protection pure et dure de la falaise" Un mois
plus tard, voyant |
qu'aucune réunion de
concertation les associant n'est programmée, et ayant récemment
entendu Antoine de Wazières affirmer (comme il l'avait
déjà fait il y a un mois) que "il ne faut pas envisager une
défense pure et dure de la falaise. II faut faire les travaux pour ce
qui est urgent et se consacrer au développement de la commune",
plusieurs commerçants manifestent leur impatience et leur
inquiétude. Une fois de plus, Yves Boinet monte au créneau et
vient d'adresser une lettre ouverte ai maire (voir ci-dessous). "Si
jamais la Grande Rue devait être mise en impasse, c'est simple, tous les
commerçants pourraient baisser le rideau. Si on parle de nous
délocaliser, je réponds que je veux bien bouger de 300
mètres mais je ne vois pas comment cela peut se faire. Qui va nous
indemniser? Où pourrons-nous nous installer ailleurs dans Ault? Dans
quelles conditions? A mon sens cela n'est pas réalisable", |
explique M. Boinet qui poursuit
"depuis un mois j'ai eu une dizaine d'appels de loueurs ou de
résidents secondaires qui s'affolent. Tous sont de mon avis, comme la
plupart des commerçants : il faut soutenir le projet de la DDE et
assurer une défense pure et dure de la falaise". Yves Boinet
affirme qu'il comprend parfaitement que dans la Grande Rue la circulation des
poids lourds et des caravanes soit interdite. "On pourrait même
envisager de mettre la rue en sens unique. Mais si on la ferme, comment vont
être desservies toutes les petites rues latérales, comment se
passera le stationnement pour les riverains?", se demande-t-il. Pour
le moment ces questions restent posées. Les élus n'ont pas encore
opté pour l'une ou l'autre des solutions proposées, même si
la plupart d'entre eux ont affirmé il y a un mois qu'un mélange
des deux propositions serait selon eux la meilleure hypothèse. Les
commerçants entendent bien défendre leur point de vue et veulent
être associés à toutes les décisions. |
Quelle que soit la décision
prise, les conséquences seront importantes
- immédiates -
économiques (tourisme) - psychologiques (problème de la
propriété privée et des dédommagements)
- à long terme - modifications
du littoral, entraînent une aggravation de l'érosion - que faire
face à un recul inéluctable ?
Quoi qu'il en soit, apparaît la
nécessité d'une consultation et d'une entente globale
(intercommunale, littorale, européenne). |
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