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| Un état des lieux
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Les impressions d'un
visiteur illustre VICTOR HUGO |
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La Côte
normande, en général, fut toujours un lieu de villégiature
privilégié pour nombre de célébrités des
arts, de la culture, des lettres. Parmi ces illustres personnages, Victor Hugo
qui vint y passer les étés de 1835 à 1837. Dans un de
ses livres de voyages, Victor Hugo a consacré des passages admirables
à la description de notre région. Nous avons retrouvé des
extraits de ces écrits dans plusieurs numéros du Messager Eudois
publiés en 1911. Vous vous les livrons tels qu'ils sont parus
à l'époque. Le 7 septembre 1837, Victor Hugo voyageant
sous un nom d'emprunt, afin de ne pas être reconnu, part à pied du
Tréport, accompagné d'un guide, se dirige vers le bourg d'Ault,
avec l'intention bien arrêtée de voir le point précis
où finit la dune et où commence la falaise. Parvenu, après
une heure de marche, en haut de la falaise de Mers, dans la plaine de Blingues
qui domine la mer, |
il ne
put s'empêcher d'admirer un effet de perspective qu'il juge unique au
monde. D'autres avant lui l'avaient déjà remarqué, mais
nul n'en avait exprimé la beauté avec plus de force et de
profondeur. Voici cette page peu connue que nous extrayons d'une
lettre adressée par Victor Hugo à sa femme alors à Paris.
" Une heure après, toujours par le sentier tortueux de la
falaise, j'approchai du bourg d'Ault, but principal de ma course. A un
détour du sentier, je me suis retrouvé tout à coup dans un
champ de blé situé sur le haut de la falaise et qu'on
était en train de moissonner. Comme les fleurs d'avril sont venues en
juin cette année, les épis de juillet se coupent en septembre.
Mais mon champ était délicieux, tout petit, tout escarpé,
bordé de haies et portant à son sommet l'océan. Te
figures-tu cela ? Vingt perches de terre pour base et l'océan
posé dessus. |
Au
rez-de-chaussée, des faucheurs, des glaneuses, de bons paysans
tranquilles occupés à engerber leur blé, au premier
étage la mer, et tout en haut sur le tort, une douzaine de bateaux
pêcheurs à l'ancre et jetant leurs filets, je n'ai jamais vu de
jeu de la perspective qui fut plus étrange. Les gerbes faites
étaient posées debout sur le sol, si bien que pour le regard leur
tête blonde entrait dans le bleu de la mer. A la ligne extrême du
champ, une pauvre vache insouciante se dessinait paisiblement dans ce fond
magnifique. Tout cela était serein et doux, cette églogue faisait
bon ménage avec cette épopée. Rien de plus frappant
à mon sens, rien de plus philosophique que ces sillons sous ces vagues,
que ces gerbes sous ces marins, que cette moisson sous cette pêche.
Hasard singulier qui superposait les uns aux autres pour faire rêver le
passant, les laboureurs de la terre et les laboureurs de l'eau" |
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Ce bourg a toujours subi l'assaut de
la mer : tempêtes, érosion accélérée de la
falaise, ... Lors de grandes marées en 1849, on retrouve à
plus de 160 m de la falaise des vestiges d'une jetée de l'ancien port.
Des chaumières sont abandonnées entre 1792 et 1912. |
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" Le bourg d'Ault avait deux villages, il y a
un siècle, le village au bord de la mer et le village du haut de la
côte. II y avait une église, 1'église d'en bas qu'on voyait
encore, il y a trente ans, seule et debout au milieu des flots comme un navire
échoué ; un jour 1'ouragan a soufflé, un coup de mer est
venu, 1'église a sombré."
Victor Hugo, discours
à la chambre des Pairs
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Au XXème siècle les effondrements
se poursuivent. Après la guerre 1914 -18, le casino est en partie
détruit. Les épis en bois (construits en 1924) témoignent
d'un effort pour entraver l'érosion. |
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