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Etude "Estimations des dégâts après grands événements" : fournir un cadre méthodologique et pratique pour améliorer le travail des missions de retour d'expérience après de grandes catastrophes

 

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Résumé

L’étude visait à fournir un cadre méthodologique et pratique pour améliorer le travail des missions de retour d’expérience après de grandes catastrophes, sur le thème du recensement et de l’évaluation des dommages, subis par les biens privés et publics et par les activités
économiques.

Cette mise au point a été réalisée dans un premier temps par l’élaboration d’une grille très complète de description des dommages, pour chaque type d’enjeux (habitat, entreprises, équipements, etc.) puis par une vaste enquête auprès d’acteurs locaux impliqués dans le recensement et l’évaluation des dommages après des catastrophes récentes (sud-est, Bretagne, Somme), enquête portant sur les données recueillies et les méthodes mobilisées.

L’investigation a porté sur les méthodes d’évaluation et de collecte de l’information des producteurs de données de base (les services de l’Etat, les consulaires, les assureurs) et des organismes réalisant une centralisation – en générale partielle – de ces données (Préfectures, DDE). Il apparaît qu’il n’existe pas de méthode systématique ni de cadre formalisé et standard mais que l’on rencontre au contraire une très grande variété de situations. Ces situations sont très étroitement liées aux dispositifs de subvention mis en place et deux grandes périodes peuvent être distinguées dans la production des données : il s’agit dans un premier temps pour les acteurs locaux d’estimer une enveloppe financière globale correspondant à l’appréciation des besoins de financement de la reconstruction ; cette estimation est utilisée pour solliciter les différents ministères. Dans un second temps, les données produites sont celles nécessaires pour le montage administratif des dossiers et leur suivi.

L’exploitation des évaluations monétaires des dommages pour les catastrophes inondations parmi les plus importantes de la décennie (Nîmes, Vaison, Aude, Bretagne…) permet d’apprécier le poids relatif des principales sources de dommages : l’habitat, les entreprises et les équipements. Le montant des dommages aux particuliers (28%), aux entreprises (26%) et aux équipements publics (réseaux et hors réseaux) (33%) varient chacun, pour les différentes catastrophes prises en compte, entre 20 et 40% du montant total.

Le total des dommages particuliers-entreprises est toujours compris entre 50 à 70 % du montant total. En règle général, le chiffre le plus fiable et le plus rapidement disponible concerne celui des dommages aux équipements publics. L’estimation de ce coût des dommages est conduite relativement rapidement, de manière plutôt exhaustive et les services mobilisés disposent d’une bonne expérience en matière d’appréciation des travaux de remise en état. Des difficultés méthodologiques peuvent néanmoins rendre ce travail parfois délicat. Il convient notamment de bien distinguer les dépenses engagées au titre des secours d’extrême urgence et celles de remise en état définitif. Il convient également parfois de distinguer entre dommages par ruissellement et glissements de terrain (liés aux fortes précipitations) et dommages par débordement, voire pour les bâtiments dommages par infiltration d’eau de pluie.

Le second chiffre disponible concerne les dommages aux entreprises. Les premières estimations doivent être regardées comme des ordres de grandeur (déclaration des chefs d’entreprise) qui surévaluent en général sensiblement le montant réel et qui seront au fil des mois affinées (expertises) et souvent revues à la baisse. Si les dommages directs sont correctement appréciés au bout de quelques semaines, les pertes d’exploitation nécessitent plusieurs mois d’observation pour être évaluées précisément. Les coûts moyens d’indemnisation des dommages aux entreprises qui peuvent être fournis par les assureurs n’ont guère de sens, compte tenu de la très grande hétérogénéité des entreprises ; nous préconisons de ne pas les utiliser pour réaliser des extrapolations.

Le troisième chiffre disponible concerne les dommages aux particuliers. Dans ce domaine, la disponibilité de l’information est étroitement tributaire du monde de l’assurance. Le traitement des dossiers nécessite plusieurs mois et la centralisation de l’information des différentes compagnies n’est pas réalisée au fur et à mesure du règlement des sinistres mais
seulement au moment de l’enquête nationale. Les chiffres fournis par l’assurance sont précis et plutôt exhaustifs mais il s’agit d’indemnisations et non de montants totaux. Nous avons proposé de retenir un ratio de 1,5 à 1,7 entre ces deux valeurs (indemnisation-coût réel du dommage). Les données les plus rapidement disponibles concernant les particuliers portent sur les foyers les plus touchés (soit en général une petite fraction des sinistrés) et sont d’ordre plutôt qualitatif.

Le montant des dommages à l’agriculture nécessite lui aussi un temps assez long pour être correctement estimé. Les chiffres fournis rapidement au lendemain des catastrophes doivent être manipulés avec prudence (déclarations des agriculteurs) et plutôt regardés comme la fourchette haute de l’estimation finale.


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