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Expertise relative aux risques d'éboulement du versant des ruines de Séchilienne
Rapport du collège d'experts
Ministère de l'Aménagement du Territoire et de l'Environnement
Décembre 2000

 

Introduction

  Le site des Ruines de Séchilienne en rive droite de la Romanche en Isère (fig. 1) est connu pour ses chutes de blocs. Divers témoignages prouvent que des instabilités sont survenues à plusieurs reprises au cours des siècles. Des éboulements sont rapportés au cours des années 1726, 1762, 1794, 1833 et 1906. Ce secteur reconnu de tous temps comme très dangereux par suite de la chute de blocs n'a toutefois pas connu d'éboulement majeur, ni d'obturation naturelle du lit de la Romanche.

De nouvelles instabilités marquées par une recrudescence des chutes de blocs et par une augmentation de leur calibre se sont produites au cours de l'hiver et du printemps 1985. Les premières analyses ont conduit à mettre le site sous surveillance permanente.

Toutes les chutes de blocs ou petits éboulements (volume inférieur à 100 m3) qui sont survenus jusqu'à ce jour n'ont concerné que la zone très localisée des Ruines de Séchilienne. Les auscultations faites depuis 1985 ont mis en évidence un fait nouveau : une zone beaucoup plus large couvrant l'ensemble du versant Sud du Mont Sec, soit plus de 7 km2, est le siège de déformations permanentes. Le risque changeait alors radicalement d'échelle : de quelques centaines de mètres cubes, le volume concerné par des instabilités potentielles passait à quelques millions, voire dizaines de millions, de mètres cubes.

Les nombreuses études et auscultations réalisées sur le site depuis quinze ans ont conduit à envisager plusieurs scenarios d'éboulements majeurs. Des mesures préventives ont été prises : déviation de la route nationale (RN91), dérivation de la Romanche et construction d'un merlon de protection. Suite à la loi du 2 février 1995, dite loi Barnier, il a été procédé à des expropriations dans l'île Falcon, la zone la plus vulnérable. Une galerie de dérivation de la Romanche en rive gauche autorisant un débit maximal de 50 m3/s, soit un débit inférieur au débit correspondant à la crue de fréquence annuelle de la Romanche, est en cours d'achèvement. D'autres mesures préventives sont en cours d'étude pour faire face à une bouchure de la vallée et simultanément à une forte crue, le barrage naturel risquant alors de s'effacer et de provoquer en aval une débâcle qui entraînerait des pertes considérables.

Vu, d'une part, la gravité des conséquences d'un éboulement de grande ampleur et, d'autre part, la complexité des mécanismes de déformation du versant, la Direction de la Prévention de la Pollution et des Risques du Ministère de l'Aménagement du Territoire et de l'Environnement a confié à un Collège d'Experts la mission :

• de donner son avis sur :

- la synthèse des études géologiques et géotechniques du site,
- l'interprétation des résultats des mesures d'auscultation du site réalisées depuis 1985 par le Centre d'Etudes Techniques de l'Equipement de Lyon,
- les mécanismes à l'origine des mouvements du versant,
- les hypothèses de scenarios d'éboulements qui peuvent être raisonnablement envisagés à court terme et à long terme,
- les évaluations des zones d'épanchement dans la vallée correspondant aux différents scenarios d'éboulements,

• de faire aux autorités responsables toutes les recommandations utiles à la gestion des risques d'éboulement.

Vue du versant Sud du Mont Sec (Photo CETE Lyon)

Vue du versant Sud du Mont Sec (Photo CETE Lyon)


Sous la présidence de Marc PANET, Président de la Société Internationale de Mécanique des Roches, le Collège d'Experts est constitué de :

- Christophe BONNARD, Chargé de Cours à l'Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne,
- Pietro LUNARDI, Président de la société Rocksoil,
- Michele PRESBITERO, Directeur Général du Territoire de la Région de Lombardie.


Du fait des missions d'études et d'expertises qu'ils ont effectuées précédemment,

- Jean-Louis DURVILLE, Chef de Division au Laboratoire des Ponts et Chaussées (LCPC),
- Louis ROCHET, Chargé de Mission au LCPC,

ont été associés aux travaux du collège.


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