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Expertise relative aux risques d'éboulement du versant des ruines de Séchilienne
Rapport du collège d'experts
Ministère de l'Aménagement du Territoire et de l'Environnement
Décembre 2000

 

L'auscultation et la surveillance du versant

 

Le versant de Séchilienne est ausculté de manière permanente. Les premières bases extensométriques permettant de suivre l'ouverture des principales discontinuités de la zone la plus active ont été mises en place en 1985.

Le système d'auscultation a progressivement été complété. Les mesures extensométriques ont été automatisées en 1988 avec la mise en place de quatre balises radio qui interrogent les extensomètres à intervalle régulier. Un réseau géodésique couvre l'ensemble du versant. La station automatique de Mont Falcon située sur le versant rive gauche de la Romanche permet de suivre en permanence 41 repères géodésiques. La mise en œuvre d'une auscultation des repères géodésiques avec un distancemètre par micro-ondes radar va permettre d'assurer la continuité de l'auscultation du versant même lorsque les conditions de visibilité sont défavorables à l'utilisation des distancemètres optiques. Ce dispositif sera opérationnel dès la fin de l'année 2000.

Trois galeries orientées NS ont été creusées dans le versant :

- une galerie de mine d'environ 60 m à la cote 875 ;
- une galerie de mine longue de 240 m à la cote 595 ;
- une galerie de reconnaissance longue de 240 m à la cote 710.

La galerie de mine de la cote 875 a été équipée de huit bases extensométriques dont les mouvements peuvent être comparés aux repères géodésiques implantés à proximité de la tête.

Vingt-cinq bases pour des mesures extensométriques et de nivellement ont été installées dans la galerie de mine de la cote 595.

La galerie de reconnaissance de la cote 710 a été creusée, il y a une dizaine d'années. Elle est suivie en nivellement et en extensométrie depuis mars 1996. Ces mesures permettent de mettre en évidence les mouvements relatifs avec les repères implantés à la tête de la galerie et entre divers compartiments du massif délimités par des discontinuités majeures.

Des essais d'écoute microsismique ont été tentés mais n'ont donné jusqu'à présent aucun résultat probant. Il faut toutefois indiquer que les écoutes microsismiques se sont révélés d'un grand intérêt sur plusieurs sites sous surveillance à l'étranger, notamment en Italie. Il est vraisemblable que les moyens mis en œuvre ont été insuffisants et expliquent les échecs constatés ici comme sur d'autres sites en France.

Il n'a été réalisé aucun sondage équipé permettant de suivre les mouvements en profondeur par des mesures inclinométriques ou extensométriques. Cette absence s'explique par le coût élevé de ces sondages sur un site très accidenté et par le fait que les déformations du massif auraient rapidement rendu impossible les auscultations dans les sondages.

Les quelques venues d'eau qui existent sur le versant ont été localisées, mais on ne dispose pas de données piézométriques permettant d'établir des corrélations avec les données hydroclimatiques.

Les divers dispositifs de suivi et d'auscultation mis en œuvre par le CETE de Lyon sur le versant de Séchilienne constituent un système de surveillance permanent qui donne depuis quinze ans un ensemble de données de très grande qualité qui permettent d'analyser sur des bases sûres et non contestables les déplacements qui affectent la surface de ce versant. Toutefois, mis à part les mesures faites dans les trois galeries, les mouvements en profondeur sont mal connus.

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