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Expertise relative aux risques d'éboulement du versant des ruines de Séchilienne
Rapport du collège d'experts
Ministère de l'Aménagement du Territoire et de l'Environnement
Décembre 2000

 

Modèles de propagation et d'étalement des éboulements dans la vallée

  Le CETE de Lyon a étudié la propagation et l'étalement des éboulements dans la vallée correspondant au scenarios d'éboulements en grande masse alors envisagés : 3 millions de mètres cubes, 7 millions de mètres cubes, 20 millions de mètres cubes, 100 millions de mètres cubes.

Ces éboulements en grande masse s'apparentent à des écoulements granulaires avec une forte interaction entre les éléments en mouvement qui dissipe de l'énergie. Cette dissipation d'énergie au sein de l'éboulement décroît lorsque le volume de l'éboulement croît (phénomène de fluidisation croissant avec le volume). Le modèle est incrémental. Il tient également compte du caractère régressif des éboulements et de la modification de la topographie du versant et de la zone d'étalement au cours de l'éboulement. La masse en rupture a été découpée en bandes parallèles à la direction moyenne des vecteurs déplacements. Le modèle a été calé, d'une part, sur des éboulements relativement nombreux concernant des volumes inférieurs à 105 mètres cubes et, d'autre part, sur l'écroulement du Mont Granier de 1248 en Savoie, dont le volume a été estimé à 500 millions de mètres cubes.

La démarche proposée pour définir la zone d'étalement suivant les quatre scénarios envisagés et les résultats obtenus paraissent raisonnables au Collège des Experts. Ils constituent, en l'état des connaissances et des données disponibles, la meilleure évaluation possible.

Toutefois, ces modèles de propagation n'ont fait l'objet d'aucune publication et n'ont donc pas de références tant au niveau national qu'international. Il est nécessaire que L. ROCHET, qui est l'auteur de ces remarquables études et recherches au CETE de Lyon, en publie les résultats afin qu'ils soient soumis à la critique de la communauté scientifique et soient confrontés au plus grand nombre de cas possibles.

Par ailleurs, il faut relever l'absence apparente d'eau dans la partie du versant susceptible de s'ébouler et l'étroitesse de la vallée de la Romanche à cet endroit ; ces deux circonstances limiteront la progression de la masse dans la vallée et conduiront à une bouchure d'une certaine hauteur. La comparaison avec des cas d'éboulements similaires conduit à penser que l'angle de pente de la masse éboulée devrait se situer entre 40 % et 50 %, ce qui est proche des profils définis par L. ROCHET pour la masse de 7 millions de mètres cubes.



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