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Eruption de la montagne Pelée
le 30 août 1902
 
Caractérisation de l'événement Code Evénement
1-5.2-972-30081902
Date de l’événement
Début : 30/08/1902
Fin : 1903
Type d’événement
VOLC : Eruption volcanique

Localisation Région
DOM
Principaux départements
97-2
Commune(s)
Morne Rouge principalement touchée
Nombre de communes sinistrées
5

Intensité et dommages Intensité
5
Gravité
5
Dommages humains
1 000 Morts
Dommages économiques
Coût actuel estimé (G€)

Descriptif succinct de l'événement Après l’éruption meurtrière du 8 mai 1902 (cf. fiche relative à cet événement), plusieurs autres écoulements pyroclastiques se sont produits et ont achevé de détruire la ville de Saint-Pierre, notamment le 26 mai et le 6 juin. La nuée ardente du 30 août, plus violente, dévasta une superficie deux fois plus importante (environ 114 km²), touchant de nouveau la ville de Saint-Pierre et s’étendant à celle du Morne Rouge. Dans cette ville, non évacuée puisque toutes les autres nuées s’orientaient vers le sud-ouest, périrent 1 000 personnes.
Sources : http://www.mnhn.fr/expo/volcans,
http://www.univ-orleans.fr/SCIENCES/GEOLOGIE/res_ped/volcano/pelee2002/ french/1902_history/titre_1902history.htm
, http://www.culture.fr/actualités/celebrations2002/montpelee.htm, http://volcano.ipgp.jussieu.fr:8080/martinique/stationmar.html

Suivi de l’événement et documentation Mission d’inspection
Mission du Professeur Alfred LACROIX (La montagne Pelée et ses éruptions, ed. Masson 1904)
Rapports établis
Rapport de MM. Lacroix, Rollet de l’Isle et Giraud à l’Académie des Sciences sur l’éruption de la Martinique 1er septembre 1902 ; Rapport à l’Académie des Sciences au nom de la Commission des Antilles, 16 février 1903 ; Rapport de la Commission Leprieur sur l’éruption de la Montagne Pelée de 1851
Documentation disponible au MEDD
le désastre de 1902 à la Martinique, URSULET (CIDRM 1881)
l’explosion de la montagne Pelée- CHEGARAY/ DOATO, cassette vidéo (CIDRM 2830)
Cellule d’Information Documentaire sur les Risques Majeurs
Contact : J. PERCHE à la sous-direction des risques majeurs 01 42 19 14 62

Commentaires et retour d’expérience HISTORIQUE
La montagne Pelée est l’un des neufs volcans de l’arc antillais.
Situé dans la partie septentrionale de l’île de la Martinique, elle en est le point culminant (1 397 m - 1 351 m en 1902) et occupe 1/8 de la superficie totale de l’île.
Ce volcan s’est formé en 3 phases :
          • La phase Paléo Pelée, il y a 350 000 ans : formation du volcan
          • La phase intermédiaire, il y a 100 000 ans : émission de nombreuses              nuées ardentes
          • La phase récente qui débute il y a 13 500 ans

L’activité se caractérise par l’alternance d’épisodes ponceux et d’épisodes à nuées ardentes péléennes, associées à la mise en place de dômes visqueux.
L’éruption de 1630 qui avait couvert de cendres les flancs du volcan et détruit la végétation, lui conférant un aspect de désolation serait à l’origine de son appellation la montagne Pelée donnée par les colons. Depuis la découverte des Antilles par Christophe Colomb, quatre éruptions ont eu lieu en 1792, 1851 (phréatiques), 1902 et 1929 (magmatiques).
En 1902, sept communes sont adossées au flanc de la montagne Pelée : Saint-Pierre, Précheur, Morne-Rouge, Ajoupa-Bouillon, Basse-Pointe, Macouba et Grande-Rivière. la limite Nord de la ville de Saint-Pierre est distante à vol d’oiseau de 6 km du cratère tandis que Morne-Rouge, à 430 m d’altitude se situe seulement à 4 km du sommet.


PREVISION DE L’EVENEMENT
Si l’absence de compétences scientifiques des missions Leprieur (1851) et Gerbault (mai 1902) peut expliquer le manque de discernement des autorités locales à la veille de l’éruption du 8 mai, il est plus difficile de croire que l’événement du 30 août n’était pas prévisible. En effet, l’activité du volcan au cours des mois qui suivirent est attestée par les témoignages recueillis par le Pr Lacroix. Il s’avère que plusieurs nuées ardentes ont de nouveau envahi la ville de Saint-Pierre après le 8 mai (notamment le 26 mai et 6 juin). Les études géologiques menées beaucoup plus tard ont révélé la présence de six unités de dépôts distinctes dans le quartier du Fort, dans le Nord de la ville et de cinq unités dans le centre, ce qui veut dire qu’autant de nuées ont touché ces zones.
Le dôme d’andésite qui s’était formé dans le cratère de l’étang sec avant l’éruption du 8 mai, est visible pour la première fois depuis Morne Rouge le 16 août et devient incandescent la nuit. Les manifestations éruptives, notamment des trépidations du sol inquiètent la population des zones jusqu’alors épargnées. La croissance de ce dôme aura pour conséquence d’augmenter la violence de l’éruption et d’étendre la zone de dévastation en modifiant la zone d’éjection.
Pourquoi la réoccupation des territoires au Nord de Saint-Pierre avait-elle été ordonnée alors que les signes d’un prochain cataclysme étaient manifestes ?
Suite à l’éruption du 8 mai, environ 10 000 sinistrés avaient été hébergés à Fort-de-France dans des conditions précaires. Le rapatriement vers leur commune d’origine visait à résoudre les problèmes d’insalubrité et d’emploi.
Comme le montre M. Ursulet dans son analyse historique de la catastrophe, la responsabilité de l’Etat est cependant mise en cause à travers l’inertie et les erreurs de jugement du Ministre des colonies, Gaston Doumergue, du gouverneur Lemaire et des autorités locales face à la situation des sinistrés. Certes, la dégradation de la situation sociale à Fort-de-France n’est pas étrangère à la décision d’un rapatriement mais elle n’explique pas l’absence de prise en compte du danger malgré les alertes des brigades de la gendarmerie et les demandes de la population concernée. En effet, le 26 août, le gouverneur rejeta la demande d’évacuation formulée par une délégation des habitants de Morne Rouge et du Carbet et menaça même ceux qui ne se conformeraient pas à cette décision de leur supprimer toute aide de l’administration. A cet égard également, tout n’a pas été mis en œuvre pour subvenir aux besoins financiers des sinistrés dans la détresse.


CONSEQUENCES ECONOMIQUES ET HUMAINES

Morne Rouge après l’éruption du 30 août 1902.
A l’arrière plan, le dôme et l’aiguille
(Lacroix, 15/03/03)
La surface dévastée par l’éruption du 30 août 1902 s’étend sur 114 km². Par ailleurs, à l’ouest du volcan, près du Prêcheur, la végétation fut détruite sur une cinquantaine de kilomètres carrés par des cendres apportées par les alizés. Les pertes humaines furent moins conséquentes que le 8 mai (1 000 morts) mais elles auraient pu être évitées si l’évacuation du Morne Rouge était restée effective tant que le danger d’un nouveau cataclysme persistait.
Les bourgs du Morne Rouge, d’Ajoupa-Bouillon, et les quartiers Morne Bourbon (sur les hauteurs de Basse-Pointe), Morne Capot (sur les hauteurs du Lorrain) et Morne Bellevue furent détruits. Au total, c’est environ 18% de la superficie de l’île qu’il fallut évacuer et laisser à l’abandon.
Et de nouveau, les pertes économiques furent importantes et touchèrent principalement les productions de sucre, de rhum et les cultures (sucre de canne, cacao, café). Les communes de Morne Rouge et de l’Ajoupa-Bouillon avaient été créées en 1889. Morne Rouge, avec ses constructions de bois était un centre de villégiature et de pèlerinage réputé et accueillait une industrie de charbon de bois et une tannerie. Ajoupa-Bouillon était le plus gros producteur de café.


RETOUR D’EXPERIENCE et PREVENTION

Une commission envoyée par l’Académie des sciences arrive sur place le 23 juin 1902 pour étudier l’éruption de la Montagne Pelée du 8 mai 1902. Elle quittera l’île le 31 juillet pour y revenir en octobre. A. Lacroix et J. Giraud se sont livrés à une véritable investigation de l’île, ce qui n’avait jamais été fait auparavant. Les travaux du géologue A. Lacroix, professeur au Muséum d’Histoires Naturelles de Paris ont fait avancer la connaissance scientifique des phénomènes éruptifs. A partir de ses observations et des témoignages recueillis, il a analysé et décrit avec précision les différentes phases de l’éruption de la montagne Pelée, notamment la formation du dôme de lave et les écoulements pyroclastiques qu’il a nommés « nuées ardentes ».


En octobre 1902, A. Lacroix fit installer un observatoire rudimentaire qui permit de surveiller la croissance du dôme et l’activité des nuées ardentes jusqu’en octobre 1903, phénomènes qui ont décru progressivement et conjointement. Le volcan ne donnant plus de signe d’activité, l’observatoire cessa de fonctionner en 1925, soit quatre ans avant l’éruption de 1929-1932. Un nouvel observatoire fut alors construit et le réseau de surveillance fut modernisé après l’éruption de la Soufrière en 1976 (Guadeloupe). Il comporte actuellement une vingtaine de stations géophysiques. Les données sont transmises par signaux radio à l’observatoire où elles sont automatiquement traitées sur ordinateur. Des mesures périodiques sont également effectuées (géochimie des eaux, nivellement, variations des distances…).
Les éruptions de ce volcan sont peu fréquentes mais très violentes et la probabilité d’un nouveau cataclysme au cours du siècle est importante. Les volcanologues développent ‘la prévision générale’ afin d’évaluer le type de risque, l’intensité du phénomène. Elle se base sur l’histoire géologique du volcan et permet de déterminer les zones à risques.

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