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Le risque avalanche

L'aléa
avalanche
Dans un site, le déclenchement d'une avalanche traduit la présence simultanée d'un manteau neigeux et d'un élément ou d'un ensemble d'éléments déclencheur. Les éléments potentiellement déclencheurs d'une avalanche sont très divers. Par exemple, la présence dans le manteau d'une couche de neige fragile ou d'une surface de glissement potentielle, sont des facteurs favorisant le déclenchement.

L'influence des facteurs naturels

Les effets des conditions météorologiques

Les chutes de neige

Les chutes de neige peuvent provoquer des avalanches, soit parce que la cohésion (c'est-à-dire la solidité) de la nouvelle couche est insuffisante, soit parce qu'elle va surcharger le manteau neigeux. L'épaisseur de la nouvelle couche est un élément déterminant pour le déclenchement d'une éventuelle avalanche : plus la chute est abondante, plus son effet sera marqué. L'intensité est également importante : une chute de 30 cm de neige en 6 heures constitue un facteur de déstabilisation bien plus important que la même chute répartie sur 48 heures.

L'élévation des températures

Lorsque la température augmente, la teneur en eau liquide dans le manteau neigeux est plus importante, d'où un accroissement de la densité. Si l'élévation des températures est rapide, il peut y avoir déclenchement d'une avalanche. En revanche, si l'élévation est plus lente, le manteau se stabilise. Les variations de température vont être différentes d'un versant à l'autre : ainsi le manteau neigeux va évoluer plus rapidement sur les versants sud et ouest qui bénéficient d'un ensoleillement plus important. La neige se transforme en effet fortement sous l'effet de la chaleur.

Le froid

Le froid peut stabiliser le manteau neigeux si la neige est humide ou mouillée. Dans ce cas, il va provoquer le gel de l'eau présente entre les grains de neige et les souder entre eux. Il se forme alors une « croûte de regel » qui peut être épaisse (quelques dizaines de centimètres) et consolider très efficacement le manteau neigeux. A l'inverse, s'il agit sur une neige sèche, le froid va ralentir le tassement du manteau neigeux et donc sa stabilisation.

L'action des vents dominants

Le vent peut déplacer la neige et l'accumuler en quantité importante lors de sa chute ou après son dépôt. Il a une action mécanique sur la neige et peut former des couches de neige compactes et cassantes (plaque à vent), d'épaisseur et de qualité différentes.

  L'action des vents dominants
L'action des vents dominants


Les effets des conditions topographiques

Les avalanches peuvent apparaître indifféremment sur des versants ou dans des couloirs, mais les sites avalancheux présentent souvent des caractéristiques communes, qui favorisent plus ou moins l'activité avalancheuse. On identifie généralement une zone de départ ou d'accumulation, une zone d'écoulement ou de transit et une zone d'arrêt ou de dépôt.

  Sites avalancheux
Sites avalancheux

La pente

La pente dans la zone d'accumulation doit être suffisante pour que des avalanches puissent se déclencher : plus elle est raide, plus la neige y est instable. Les avalanches surviennent le plus souvent sur des pentes comprises entre 25 ° et 55 °. Si la pente est très forte (plus de 55 °), de petites coulées se forment régulièrement et purgent le versant. Sauf dans des conditions nivologiques et météorologiques particulières, la neige ne peut s'accumuler en quantité suffisante pour que des avalanches importantes se déclenchent. Si la pente est faible, la gravité n'a pas une action suffisante pour déclencher les avalanches, sauf si la neige présente des caractéristiques très particulières (neige gorgée d'eau par exemple). Les variations de la pente peuvent également jouer un rôle essentiel. Les profils convexes se traduisent par des tensions importantes dans les couches superficielles du manteau neigeux. Ces tensions favorisent la rupture du manteau et le déclenchement des avalanches.

La surface

La quantité de neige qui pourra former l'avalanche dépend de la surface de la zone d'accumulation. Plus cette zone est vaste, plus la quantité de neige qui pourra dévaler la pente sera importante.

Le relief et la nature du sol

La stabilité du manteau neigeux est également conditionnée par la présence de points d'appui en bas de la pente. Ceux-ci peuvent avoir un effet d'ancrage sur le manteau neigeux. Selon la nature du sol (rocher, pente herbeuse, etc.) sa rugosité est plus ou moins grande. Les sols qui offrent une grande rugosité (par exemple ceux constitués de blocs rocheux) participent à la stabilisation du manteau neigeux ou au moins des couches profondes de ce manteau. La présence d'eau à la surface du sol (zone humide, source, marais, etc.) favorise le glissement du manteau neigeux : l'eau joue alors le rôle de lubrifiant. Elle peut aussi participer à la métamorphose des couches de neige qui sont à son contact.

  La rugosité du sol
La rugosité du sol

Le couvert végétal

Selon le type de végétation présente, celle-ci peut stabiliser le manteau neigeux ou au contraire favoriser sa rupture ou son glissement.

La présence de la forêt dans la zone d'accumulation stabilise le manteau neigeux. Les arbres agissent en retenant mécaniquement la neige sur le versant, mais il faut que la forêt soit dense et les troncs suffisamment gros. La neige qui tombe sur les arbres se transforme plus vite et, en tombant au sol par paquets, modifie la structure du manteau neigeux et le rend plus résistant. Les arbres à feuillage persistant ont un effet beaucoup plus marqué, car la neige tombe des branches par paquets plus importants. Les arbustes peuvent favoriser des transformations du manteau neigeux, accentuées par l'air accumulé dans la végétation courbée par la neige, ou ralentir son tassement et diminuer ainsi sa résistance. Si la forêt n'est pas implantée dans la totalité de la zone d'accumulation, des avalanches peuvent se déclencher au-dessus de la zone boisée. Si l'enneigement est suffisant, l'avalanche peut alors raser la forêt, ce qui a été le cas lors de l'avalanche du hameau de Montroc en février 1999. Les lisières et les zones de forêt très claires sont des zones dangereuses : les arbres ne stabilisent pas suffisamment le manteau neigeux et peuvent donner un faux sentiment de sécurité aux randonneurs.

   Le couvert végétal
Le couvert végétal

Les effets des surcharges

Les surcharges sur le manteau neigeux peuvent avoir plusieurs origines, naturelles ou non. De façon plus ponctuelle, le passage d'un animal ou d'un skieur contribue également à le surcharger. Enfin, le déclenchement artificiel d'avalanches sur les domaines skiables, en créant une surpression dans l'air due à l'explosion, peut déclencher une autre avalanche.

L'influence des facteurs anthropiques

Les avalanches sont des phénomènes naturels très fréquents en zone de montagne. Mais les hommes jouent un rôle dans leur déclenchement à travers deux pratiques, qu'il s'agit de bien distinguer. Lors des activités hivernales hors domaine skiable (ski hors-pistes, ski de randonnée, raquettes, etc.) les pratiquants peuvent déclencher des avalanches au cours de leurs sorties. Mais il s'agit là de responsabilités individuelles vis-à-vis du milieu montagnard : chacun doit apprendre à connaître ce milieu et à savoir s'en protéger [pour voir les conseils sur l'utilisation des ARVA, cliquez ici].

Dans les domaines skiables, des avalanches sont déclenchées par les pisteurs-secouristes dans le cadre du plan d'intervention pour le déclenchement des avalanches [pour voir le chapitre sur l'organisation des secours, cliquez ici]. Théoriquement, ces avalanches doivent se limiter aux pistes. Mais lorsque les conditions météorologiques et nivologiques sont particulièrement dangereuses, ces avalanches peuvent atteindre la station ou les voies d'accès.

 

 

Quelques précisions

Nivologique : relatif à l'état de la neige.

 

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