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Retour définition du risque volcanique
   

Le volcanisme

Les actions de prévention et de secours Le volcanisme est un risque majeur contre lequel l’homme ne peut que se protéger de manière passive. On ne peut empêcher une éruption d’avoir lieu. Mais on peut tenter de la prévenir et prendre des dispositions pour minimiser ses conséquences sur le plan humain, la protection des biens n’étant pas envisageable à l’heure actuelle.

Ainsi, contrairement à d’autres risques naturels, la réduction du nombre des victimes est parfaitement possible, tandis que la protection des biens n’est à l’heure actuelle qu’illusoire.


Les clés de cette protection passive sont une solide connaissance de l’histoire du volcan, une surveillance capable de détecter tout signe annonciateur d’une éruption, une information préventive de la population, un système d’alerte et enfin des moyens de protection (évacuation principalement) prêts à être mis en œuvre.

La prévention

La prévention avant éruption contre le risque volcanique s’articule autour de deux pôles : la prévision, à travers l’étude du volcan, et la préparation des populations et des services de secours.

L’étude du volcan
La prévision des éruptions est la première étape de la prévention. L’étude des événements antérieurs permet de comprendre le fonctionnement du volcan et de tenter de prévoir les éruptions futures. En d’autres termes, le passé est la clé du futur.

Cette étude des anciennes éruptions a un double but : déterminer le type d’éruption prévisible et délimiter les zones atteintes par le passé. Ce travail doit aboutir à la réalisation de cartes des zones menacées, et ainsi préparer l’évacuation des populations.

L’étude de l’activité actuelle du volcan est également primordiale, puisqu’elle doit permettre de prévenir l’imminence d’une éruption. La surveillance volcanique se fait à partir d’observatoires ou de stations d’alerte qui préviennent de l’évolution d’un volcan en étudiant les variations de différents paramètres liés à l’activité volcanique. On distingue quatre familles de paramètres : l’activité sismique, les paramètres géophysiques, la déformation du volcan et les changements dans la composition des gaz volcaniques.
Une éruption volcanique est toujours précédée d’une activité sismique qui traduit la montée d’un magma juvénile.

La mise en place autour d’un volcan d’un réseau de stations sismiques est le moyen de détection des éruptions le plus efficace. La modification d’autres paramètres géophysiques (magnétique, gravimétrique, électrique, etc.) permet également de caractériser une évolution dans l’activité volcanique.
Lorsqu’un magma arrive sous un volcan, il doit se faire de la place, ce qui se traduit par une déformation en surface, généralement un gonflement. Cette déformation peut être mesurée par des appareils installés sur place (extensomètre par exemple) ou par des images satellitaires.

Enfin, l’arrivée d’un magma juvénile peut être mise en évidence par des changements dans la température et la composition géochimique des gaz qui accompagnent le volcanisme.

Afin de déterminer à partir de quel niveau un changement dans l’un de ces paramètres est révélateur de l’imminence d’une éruption, il convient de connaître les variations indépendantes de toute activité volcanique, mais liées à des cycles naturels tels que la température ou les précipitations. Il est nécessaire de différencier la variation significative du « bruit de fond ».

Ces observations et mesures doivent également être faites au cours d’une éruption afin d’en prévenir l’évolution à court terme.
En France, ce travail est confié à l’Institut de physique du globe de Paris, qui surveille ainsi les trois volcans actifs de notre territoire. Les moyens humains et financiers étant suffisants dans notre pays par rapport au nombre de volcans à surveiller, trois observatoires permanents ont été installés à proximité de la montagne Pelée en 1903, de la Soufrière de Guadeloupe en 1950 et du piton de la Fournaise en 1979. Une soixantaine de personnes sont impliquées, à temps plein ou partiel, dans le fonctionnement de ces observatoires.

Le Pacific Tsunami Warning Center, basé à Hawaii, surveille l’activité sismique autour de l’océan Pacifique. En cas de séisme, ce centre émet un bulletin de surveillance des tsunamis qui informe toutes les régions susceptibles d’être touchées autour du Pacifique. S’il constate la formation d’un tsunami, le centre émet un bulletin d’alerte afin que les autorités civiles des régions menacées puissent prendre les mesures adaptées.

Surveillance des volcans

 

L’information préventive
La loi du 22 juillet 1987 a instauré le droit des citoyens à une information sur les risques majeurs auxquels ils sont soumis sur tout ou partie du territoire, ainsi que sur les mesures de sauvegarde qui les concernent (article L125.2 du Code de l’environnement).
Sous l’autorité du préfet, deux documents d’information des populations sont réalisés, généralement par les services interministériels de défense et de protection civiles (SIDPC). Les dossiers départementaux des risques majeurs (DDRM) recensent à l’échelle d’un département l’ensemble des risques par commune. Ils expliquent les phénomènes et présentent les mesures de sauvegarde. Les dossiers communaux synthétiques (DCS) situent les risques dans chaque commune, au moyen de cartes au 1:25 000 et rappellent les évènements historiques, ainsi que les mesures de sauvegarde.
Les dossiers d’information communaux sur les risques majeurs (DICRIM) sont établis par le maire. Ils complètent les informations contenues dans les précédents documents par les mesures spécifiques prises en vertu des pouvoirs de police du maire. Ils doivent être accompagnés d’un plan de communication comprenant une campagne d’affichage et une campagne d’information. Disponibles en mairie, ces documents ne sont pas opposables aux tiers.

Affichette consignes

Le plan de communication établi par le maire peut comprendre divers supports de communication, ainsi que des plaquettes et des affiches, conformes aux modèles arrêtés par les ministères chargés de l'environnement et de la sécurité civile.
Le maire peut imposer ces affiches :

    - dans les locaux accueillant plus de 50 personnes,
    - dans les immeubles regroupant plus de 15 logements,
    - dans les terrains de camping ou de stationnement de caravanes regroupant plus de 50 personnes.

Les propriétaires de terrains ou d'immeubles doivent assurer cet affichage (sous contrôle du maire) à l'entrée des locaux ou à raison d'une affiche par
5 000 m2 de terrain.


L’alerte et les consignes

Le signal national d’alerte consiste en trois émissions successives d’une minute chacune et séparées par des intervalles de cinq secondes, d’un son modulé en amplitude ou en fréquence. Des essais ont lieu le premier mercredi de chaque mois à midi.

Le signal est diffusé par tous les moyens disponibles et notamment par le réseau national d’alerte et les équipements des collectivités territoriales. Il est relayé par les dispositifs d’alarme et d’avertissement dont sont dotés les établissements recevant du public et par les dispositifs d’alarme et de détection dont sont dotés les immeubles de grande hauteur.

Les messages d’alerte contiennent des informations relatives à l’étendue du phénomène (tout ou partie du territoire national) et indiquent la conduite à tenir. Ils sont diffusés par les radios et les télévisions (sociétés nationales de programme Radio France et France Télévisions, société nationale de radio-diffusion et de télévision pour l'outre-mer, services autorisés de télévision par voie hertzienne terrestre desservant une zone dont la population est supérieure à six millions d'habitants, société d¹exploitation de la quatrième).

Le signal de fin d’alerte consiste en une émission continue d’une durée de trente secondes d’un son à fréquence fixe.

La fin de l’alerte est annoncée sous la forme de messages diffusés par les services de radiodiffusion sonore et de télévision, dans les mêmes conditions que pour la diffusion des messages d’alerte. Si le signal national d’alerte n’a été suivi d’aucun message, la fin de l’alerte est signifiée à l’aide du même support que celui ayant servi à émettre ce signal.

  Sirènes d&#146alerte


Les consignes : un certain nombre de consignes générales à suivre « avant, pendant et après » une alerte ont été définies. Elles sont complétées par des consignes spécifiques à chaque risque.

Consignes générales

AVANT

Prévoir les équipements minimums :
• radio portable avec piles ;
• lampe de poche ;
• eau potable ;
• papiers personnels ;
• médicaments urgents ;
• couvertures ; vêtements de rechange ;
• matériel de confinement.

S'informer en mairie :
• des risques encourus ;
• des consignes de sauvegarde ;
• du signal d'alerte ;
• des plans d'intervention (PPI).

Organiser :
• le groupe dont on est responsable ;
• discuter en famille des mesures à prendre si une catastrophe survient (protection, évacuation, points de ralliement).

Simulations :
• y participer ou les suivre ;
• en tirer les conséquences et enseignement.

PENDANT

Évacuer ou se confiner en fonction de la nature du risque.
S'informer : écouter la radio : les premières consignes seront données par France Inter et les stations locales de RFO.
Informer le groupe dont on est responsable.
Ne pas aller chercher les enfants à l'école.

APRES

S'informer : écouter et suivre les consignes données par la radio et les autorités.
Informer les autorités de tout danger observé.
Apporter une première aide aux voisins ; penser aux personnes âgées et handicapées.
Se mettre à la disposition des secours.
Évaluer :
• les dégâts ;
• les points dangereux et s'en éloigner.

Ne pas
téléphoner

Les secours

Quand une activité volcanique anormale est enregistrée, les autorités sont mises en alerte, ainsi que le Conseil supérieur d’évaluation des risques volcaniques (CSERV).
Des plans d’organisation des secours (plans Orsec) sont alors mis en place, conformément à l’article 2 de la loi 87-565 du 22 juillet 1987. Ils recensent les moyens publics et privés susceptibles d’être mis en œuvre en cas de catastrophe et définissent les conditions de leur emploi par l’autorité compétente pour diriger les secours.

La seule mesure de protection pour le volcanisme étant l’évacuation, des plans de secours spécialisés (PSS) sont élaborés dans cette optique, et comportent trois niveaux d’alerte :

vigilance-préalerte : mobilisation des services de l’État, information préventive ;

alerte : constitution d’un PC de crise, préparation de l’évacuation ;

évacuation : transfert de la population vers les centres d’hébergement.

Ces plans de secours prévoient l’organisation des transports, de la circulation, de l’accueil et de la protection des réfugiés, ainsi que de la surveillance contre le pillage.
En cas de déclenchement d’un plan Orsec, les opérations de secours sont placées, dans chaque département, sous l’autorité du représentant de l’État dans le département. Lorsqu’elles intéressent le territoire de plusieurs départements, qu’il y ait ou non déclenchement d’un plan Orsec, le Premier ministre peut placer l’ensemble des opérations de secours sous la direction du représentant de l’État dans l’un de ces départements.

L’indemnisation

La loi n° 82-600 du 13 juillet 1982 modifiée, relative à l’indemnisation des victimes de catastrophes naturelles (art. L.125-1 à L.125-6 du Code des assurances) a fixé pour objectif d’indemniser les victimes de catastrophes naturelles en se fondant sur le principe de solidarité nationale.
Pour que le sinistre soit couvert au titre de la garantie « catastrophes naturelles », il faut que l’agent naturel en soit la cause directe.
De plus, et c’est très important, les victimes doivent avoir souscrit un contrat d’assurance garantissant les dommages d’incendie ou les dommages aux biens ainsi que, le cas échéant, les dommages aux corps de véhicules terrestres à moteur. Cette garantie est étendue aux pertes d’exploitation, si elles sont couvertes par le contrat de l’assuré.
L’état de catastrophe naturelle, ouvrant droit à la garantie est constaté par un arrêté interministériel (des ministères de l’Intérieur et de l’Économie et des Finances) qui détermine les zones et les périodes où s’est située la catastrophe ainsi que la nature des dommages résultant de celle-ci et couverts par la garantie (article L. 125-1 du Code des assurances).
Les territoires d’outre-mer, dont la Polynésie française, demeurent hors du champ d’application de la loi de 1982.


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