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Guide méthodologique plans de prévention des risques d'incendie de forêts
La Documentation française, 2002
  Méthode d'analyse et de cartographie des risques
 

3.1 Principes généraux de la démarche

Étapes de la démarche


L’étude du phénomène qui conduit à l’établissement de la carte réglementaire comporte trois étapes. Elles sont décrites dans le présent chapitre (cf. figure 4) :
- l’analyse préalable qui apporte une connaissance générale de la zone d’étude ;
- l’évaluation et la qualification des aléas ;
- l’appréciation des enjeux humains, socio-économiques et environnementaux .

Figure 4. Démarche générale d’analyse et de cartographie du risque


Figure 5. Les différentes étapes de l’analyse préalable


3.2 Analyse préalable


Document 6. Principales sources d’informations utiles aux études du risque feux de forêt

Les sources communales
Actions engagées pour la prévention des risques (dossiers ommunaux synthétiques), travaux réalisés pour la prévention des feux de forêt.
Plan d’occupation des sols, documents techniques, délibérations, documents divers.
Les sources paroissiales
Les sources départementales et régionales
Archives du service départemental.
Documents des services de la DDAF et l’ONF (SDAU, SDAFI, PAFI...).
Documents et archives des DDSIS : les mains courantes ou fiches de compte rendu élaborées par les services d’incendie et de secours (également disponibles à la DDAF et ONF).
Ouvrages généraux et travaux de recherche
Mémoires universitaires (maîtrise, DEA, thèse), mémoires d’ingénieurs, articles scientifiques.

Banques de données
- Pour les 15 départements du sud-est de la France :
le fichier Prométhée. Il comprend les coordonnées DFCI des départs de feux, la superficie brûlée, les types de dommages causés par le feu... Ces informations sont accessibles sur le serveur minitel
(3615 Prometel) et sur le site Internet (http//: www.promethee.com).
- Pour le reste de la France : les enquêtes statistiques sur les feux de forêts.
Plans, cartes, photographies
Cartes papiers existantes (relevés de terrains, cartes
de végétation...),
Cartes topographiques de l’IGN, cartes DFCI, Photos aériennes (IGN, DDAF), images satellitales, Plans parcellaires du cadastre.
Témoignages oraux et enquêtes de terrain



3.3 La conduite des études d’aléas

Il existe à l’heure actuelle différents moyens pour analyser l’aléa incendie de forêt. L’étude de l’aléa s’appuie, d’une part, sur l’analyse préalable qui a
conduit à réaliser la carte informative et d’autre part, sur l’évaluation d’une ou de deux composantes de l’aléa : l’intensité et l’occurrence. La démarche proposée pourra être plus ou moins approfondie selon l’approche choisie et les données disponibles.
La qualification de l’aléa a pour objectif d’apporter des connaissances sur la localisation des zones soumises à un incendie de forêt ainsi que l’ampleur de ce dernier. Elle comprend différentes phases complémentaires : la définition d’un aléa de référence (ou conditions de référence), l’étude des multiples composantes influençant l’éclosion et la propagation d’un feu. Elle met en oeuvre enfin des approches plus ou moins complexes visant à évaluer l’aléa en deux ou trois classes. Il s’agit ensuite de déterminer des zones d’aggravations de l’aléa (cas
des zones non directement exposées au phénomène).

Document 7. Définition des conditions de référence


Détermination des niveaux d’aléa
La détermination des niveaux d’aléa est réalisée directement à partir des cartes d’occurrence et d’intensité. Celles-ci comportent trois ou quatre
classes précédemment définies en ayant eu généralement recours à l’expertise.
Plusieurs possibilités sont envisageables pour la détermination des niveaux d’aléa : ils résultent de la combinaison entre la carte d’intensité et d’occurrence (la carte d’aléa peut également être la carte d’occurrence ou d’intensité si le choix est fait de n’en produire qu’une). Cette combinaison peut-être réalisée par expertise en pondérant l’une ou l’autre des cartes, ou par un croisement de l’intensité et de l’occurrence spatiale.

Tableau 2 : Exemple de détermination des seuils d’aléa

Aléa Intensité
Faible Moyen Fort
Occurrence
Spatiale
Faible Faible Faible Fort
Moyen Faible Moyen Fort
Fort Moyen Fort Fort

Carte 3. Carte de l’aléa sur fond Scan 25 de l’IGN (projet de PPR de Mougins)

zoom (222 ko)


3.4 L’évaluation des enjeux

L’enjeu est ce que la collectivité risque de perdre lors d’un incendie de forêt. Les enjeux concernent notamment les personnes, les biens, les infrastructures et les espaces naturels.

L’objectif est de réaliser un inventaire des enjeux spécifiques à la zone d’étude. Dans le cadre d’une étude PPR, on privilégiera une approche qualitative et pragmatique. Elle permet d’assurer la cohérence entre les objectifs de prévention des risques et les dispositions qui seront retenues.
Les enjeux seront évalués de façon simple à partir de données issues du cadastre, des plans locaux d’urbanisme, de photographies aériennes, d’expertise de terrain et après discussion avec les acteurs locaux (maires, aménageurs, etc...).

Il convient ensuite de superposer la carte des enjeux à la carte des aléas. L’étude des deux cartes permet de délimiter le plan de zonage réglementaire, de préciser le contenu du règlement, et de formuler un certain nombre de mesures de prévention, de protection et de sauvegarde.

Identification des zones non directement exposées et des zones
d’aggravation du risque

La modification de l’usage de l’espace a des répercussions sur l’aléa. Ainsi, les changements réalisés dans les zones non directement exposées
peuvent aggraver ou induire de nouveaux risques sur les secteurs voisins (implantation de déchar-ges...) au sens de l’article L. 562-1 du code de
l’environnement.

Ces zones sont mises en évidence par l’évaluation de la menace potentielle que pourrait induire un départ de feu, lié à ces nouveaux aménagements. Cette évaluation reposera sur les risques potentiels
qu’encourent les personnes et les biens dans le bassin de risque.
La réflexion devra être étendue hors du massif forestier proprement dit. C’est le cas lorsque celui-ci est en contact avec des zones inflammables
: par exemple, des champs de céréales ou de lavandes, des terrains en friches, des lieux de parcours non irrigués, etc. Il est conseillé de considérer que les zones non directement exposées pouvant aggraver les risques englobent, selon les cas, une largeur comprise entre 50 et 200 m en lisière de forêt (cf. figure 7).
Il est recommandé d’identifier les zones non directement exposées, indépendamment de la caractérisation de l’aléa. Elle donnera lieu à la réalisation d’une couche cartographique séparée. Sur le plan de la présentation, cette information pourra être surimposée à la carte
d’aléa en adoptant, par exemple, un hachuré de couleur noire.

Figure 7. Exemples de zones non directement exposées et d’aggravation du risque


zoom

Idées à retenir

- la démarche menant à l’évaluation du risque doit être pragmatique, sans rechercher de complexité inutile. Elle doit être menée en concertation avec les différents acteurs locaux et notamment les élus.

- Dans le cadre d’une étude PPR, l’analyse des risques aboutit à la cartographie des aléas et au recensement des enjeux. La carte réglementaire est le résultat de l’analyse de ces deux cartes.

- Dans l’évaluation du risque, les aspects dynamiques du phénomène sont à prendre en compte. En effet, la position de la zone d’étude dans un massif a une influence sur le risque. Il est nécessaire d’appréhender les phénomènes à l’échelle du bassin de risque, même si au final le périmètre d’étude du PPR est plus restreint.

- L’évaluation de l’aléa est réalisée indépendamment des équipements de lutte et de protection contre les incendies. En effet, l’efficacité de ces protections peut rarement être garantie à long terme en raison des coûts importants d’entretien qu’elles nécessitent. Elles ne sont en outre efficaces qu’en présence de moyens humains de lutte, ce qui ne peut être systématiquement garanti.

- Les différents niveaux d’aléa seront déterminés en recherchant l’objectivité à partir des propositions des experts, en combinant la carte d’intensité et la carte d’occurrence.

- Il est nécessaire de prendre en considération les aménagements futurs au stade de l’évaluation de l’aléa. Ainsi, seront mises en évidence les zones d’aggravation des risques.

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