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Guide méthodologique plans de prévention des risques d'inondations
La Documentation française, 1999
  Description des phénomènes et des risques d’inondations
  Le risque d’inondation est la conséquence de deux composantes :

- la présence de l’eau, qui s’écoule habituellement dans son lit mineur, mais qui peut aussi en sortir occasionnellement pour recouvrir une partie ou la totalité du fond de la vallée (lit majeur) ;

- la présence de l’homme, qui s’installe dans l’espace alluvial progressivement façonné par le cours d’eau, pour y implanter toutes sortes de constructions, d’équipements et d’activités. Cette occupation humaine joue un double rôle : d’une part, elle constitue le risque en exposant des personnes et des biens aux inondations, d’autre part, elle aggrave l’aléa et le risque, en amont comme en aval, en modifiant les conditions d’écoulement de l’eau.

Les facteurs aggravant les risques

Ils sont presque toujours dus à l’intervention humaine et correspondent essentiellement à :

• la concentration des personnes et l’accumulation des biens dans le champ d’inondation : l’augmentation de la population dans la plaine alluviale exposée aux inondations (résidents, actifs, touristes et plus particulièrement campeurs), ainsi que l’implantation de biens sensibles à l’eau ou d’activités incompatibles avec elle sont la première cause d’aggravation du risque. Elles sont d’autant plus redoutables lorsque des ouvrages de protection ont été construits, car ces derniers donnent un faux sentiment de sécurité qui induit toujours plus de développement par effet de spirale : les habitations nouvelles appellent des infrastructures et des équipements qui suscitent des protections supplémentaires. Par ailleurs, la notion de risque est facilement occultée par la mémoire collective et les mesures les plus élémentaires de précaution sont vite oubliées ;

• la défaillance des dispositifs de protection : le rôle des dispositifs de protection (digues, déversoirs) est limité comme en ont témoigné quelques grandes inondations (la Loire au XIXe siècle, le Rhône et la Camargue en 1993). Leur comportement et leur efficacité sont fonction de leur mode de construction, de la qualité de leur gestion et de leur entretien et de la crue de référence pour laquelle ils ont été dimensionnés. La rupture ou la submersion d’une digue peut, dans certaines circonstances, exposer davantage la plaine alluviale aux inondations que si elle n’était pas protégée. En particulier, le déferlement de l’eau ajoute un phénomène aggravant sur une bande de terrain proche de l’ouvrage ;

• le transport et dépôt de produits indésirables : l’inondation prend en charge puis abandonne sur son parcours des produits polluants, des matières toxiques ou des germes pathogènes. Ces produits sont particulièrement abondants en zones urbaines ou industrielles et justifient des précautions particulières : citernes de mazout, stocks de fabrication, boues déposées dans les réseaux d’assainissement, etc. ;

• la formation et la rupture d’embâcles : les matériaux flottants transportés par le courant (arbres, buissons, mais aussi caravanes et véhicules divers) s’accumulent en amont des passages étroits et s’y enchevêtrent au point de former des embâcles qui surélèvent fortement le niveau de l’eau. La rupture éventuelle de ces embâcles provoque une onde puissante et dangereuse en aval ;

• la surélévation de l’eau en amont des obstacles : tout obstacle à l’écoulement (pont, remblai, mur) provoque une surélévation de l’eau en amont et sur les côtés qui est d’autant plus grande que l’obstacle intercepte une section importante de l’écoulement.


Les phénomènes retenus dans le cadre des plans de prévention
des risques d’inondation


Les plans de prévention des risques doivent prendre en compte tous les types d’inondations qui peuvent survenir sur un territoire, qu’elle qu’en soit l’origine. Cependant, certains d’entre eux n’existent qu’à la marge et font l’objet d’une démarche particulière de qualification des aléas. Il a donc été décidé de présenter dans ce guide la méthodologie générale qui correspond au plus grand nombre de manifestations en France, à savoir les inondations lentes, les inondations rapides et les inondations par ruissellement urbain (tout au moins celles qui sont du même type que Nîmes). Sont exclus, par contre, les problèmes d’insuffisance du réseau de collecte des eaux pluviales et usées, dont l’origine est à rechercher dans le mode de construction et de gestion des réseaux d’assainissement. A ce titre, ils peuvent être considérés comme des risques d’un caractère plus anthropique que naturel, et leur localisation est plus difficilement prévisible du fait de l’évolution des réseaux. Les inondations par les torrents, quant à elles, sont traités en annexe et les autres phénomènes pourront faire l’objet de documents complémentaires spécifiques à venir.




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