L’état de catastrophe naturelle, ouvrant droit à la garantie est constaté par un arrêté interministériel (des ministères de l’intérieur, de l’économie et des finances) qui détermine les zones et les périodes où s’est située la catastrophe, ainsi que la nature des dommages résultant de celle-ci et couverts par la garantie (art.L. 125-1).
A- Constitution du dossier
a- Cas général
Lorsque survient un événement susceptible de présenter le caractère de catastrophe naturelle, le préfet du département concerné avertit la Direction de la Défense et de la Sécurité Civile (DDSC).
Il adresse ensuite un rapport à la DDSC dans un délai d’un mois à compter de la date du début du sinistre. Ce délai écoulé, seules des demandes complémentaires et exceptionnelles pourront être faites (sauf pour les cas de subsidence (sécheresse), conformément à la circulaire du 28 décembre 1992).
Le rapport du préfet comporte :
- un rapport circonstancié sur la nature et l’intensité de la catastrophe ;
- les dates et heures de début et fin de l’événement ;
- une carte administrative du département délimitant les zones touchées ;
- la liste des communes atteintes, classées par ordre alphabétique dans chaque arrondissement et canton;
- une fiche de sinistre par commune ;
- le rapport du centre départemental de la météorologie ;
- pour les inondations, qui constituent le gros des dossiers : le rapport de la direction interrégionale de l’environnement (en cas de crue de rivière) ou du bureau des ressources géologiques et minières ( remontée de nappe phréatique) ;
- les rapports et messages de police, de gendarmerie ou de sapeurs-pompiers ;
- un dossier de coupures de presse, ou photographies.
b- Inondations et coulée de boue
Les inondations peuvent faire l’objet de la classification suivante :
- les inondations de plaine (sur des sols où le ruissellement est long à se déclencher) ;
- les inondations par crues torrentielles (associées à des bassins versants pour lesquels le temps de concentration (Durée nécessaire pour qu’une goutte d’eau tombant sur le point « hydrologiquement » le plus éloigné atteigne l’exutoire) est généralement inférieur à 12 heures) ;
- les inondations par ruissellement en secteur urbain ;
- les inondations consécutives aux remontées de nappes phréatiques ;
- les coulées de boue.
Des documents particuliers sont requis :
- rapport météorologique
- rapport de la DIREN pour les inondations de plaine et par crues torrentielles
- rapport du service RTM pour les inondations par crues torrentielles
- rapport de la DDE pour les inondations par ruissellement urbain
- rapport du BRGM pour les inondations consécutives aux remontées de nappes phréatiques
- rapport de la DDAF ou DDE ou RTM pour les inondations par coulées de boue.
c- Les phénomènes liés à l’action de la mer
Il s’agit des phénomènes de submersions marines associées au franchissement et/ou à la destruction de digues et des phénomènes de recul du trait de côté par érosion marine.
Les documents requis sont :
- un rapport météorologique
- l’étude effectuée par le service hydrographique et océanographique de la marine ou par le service des affaires maritimes.
d- Les mouvements de terrain
On distingue :
- les effondrements et affaissements de terrain ;
- les éboulements et chutes de pierres et de blocs ;
- les glissements et coulées boueuses associées ;
- les laves torrentielles ;
- la sécheresse pour laquelle le rapport du préfet comporte le nombre d’habitations touchées, leur ancienneté, ainsi que la période de constatation de fissures.
Les demandes doivent être regroupées par département pour l’ensemble de la période considérée.
A chaque nouvelle demande, le préfet établit un état récapitulatif de l’ensemble des communes du département ayant déjà bénéficié d’un arrêté interministériel.
- pour la période de 1989 à 1992, on a :
· 1ère demande :
pour les communes n’ayant jamais bénéficié d’une reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle, le maire établit un rapport circonstancié des faits et joint une étude géotechnique qui peut être commune à plusieurs constructions localisées sur un même périmètre, ce qui en minimisera le coût qui reste à la charge des sinistrés. Cette étude doit démontrer le lien de causalité entre les désordres constatés et la sécheresse.
· prorogation :
s ’agissant d’une demande de prorogation pour des désordres apparus au cours de cette période, l’étude géotechnique ne sera pas nécessaire.
- pour la période postérieure à 1992 :
les désordres constatés à partir de 1993 sont à imputer aux mouvements de terrains différentiels, consécutifs à la sécheresse et à la réhydratation des sols.
Qu’il s’agisse d’une première demande ou d’une demande de prorogation pour ces désordres, le maire établit un rapport circonstancié des faits et joint une étude géotechnique qui peut être commune à plusieurs constructions localisées sur un même périmètre, ce qui en minimisera le coût qui reste à la charge des sinistrés. Cette étude doit démontrer le lien de causalité entre les désordres constatés et les mouvements de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse et à la réhydratation des sols.
e- Les avalanches
Les documents nécessaires sont :
- un rapport nivométéorologique
- un rapport du service RTM.
f- Les séismes
Le document nécessaire est l’expertise de l’Institut de physique du globe.
B- La commission interministérielle
a- Constitution
La commission regroupe des représentants de la DDSC (ministère de l’Intérieur) et de la direction du budget et du trésor (ministère de l’Economie) signataires de l’arrêté.
Le secrétariat de la commune est assuré par la caisse centrale de réassurance.
Cette commission comprend également un représentant du ministère chargé de l’Outre-mer lorsque les départements et les collectivités territoriales d’Outre-mer sont concernés.
De plus, deux conseillers techniques du ministère de l’environnement (DPPR) y sont systématiquement associés.
b- Rôle
La commission émet un avis consultatif sur l’intensité anormale de l’agent naturel, préalablement à la prise de l’arrêté interministériel portant constatation de l’état de catastrophe naturelle.


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