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8-2 Le surcoût de
la constuction parasismique
(Rapport
annuel au président de la République
présenté par H. Tazieff,
1983)
Comme nous
lavons vu au paragraphe précédent, la
construction parasismique ne relève pas, en
général, de techniques nouvelles ou
particulières. Quelques techniques spécifiques
(par exemple les appareils dappui antisismiques) sont
réservées à des applications
ponctuelles particulières (par exemple
lindustrie nucléaire).
La construction parasismique relève donc:
- de dispositions architecturales ou structurelles
densemble
- de calculs spécifiques (dynamique des
structures)
- de calculs courants des structures
- de détails structurels et constructifs
- dune mise en oeuvre soignée.
Les règles P.S. concernent le gros-oeuvre mais non
les équipements.
Pour les bâtiments courants, dune disposition
architecturale et structurelle simple et logique, bien
contreventés, présentant une disposition
rationnelle des masses, les surcoûts qui
reflètent le consensus des milieux professionnels
peuvent être chiffrés comme suit, en fonction
du nombre de niveaux:
- rez-de-chaussée seul à rez-de
chaussée + 3 étages: surcoût de 0%
à 2% du gros-oeuvre (soit quelques pour mille du
coût total de la construction). Pour ces
bâtiments, le respect des règles de lart
courantes et une exécution soignée
(chaînages...) confèrent, a priori, un
caractère suffisamment parasimique ;
- R+3 à R+10 : surcoût de marginal à 8 %
;
-R+10 à R+25 : surcoût de 8 %
décroissant à marginal (ou 0 %) ;
-R+25 et plus: surcoût de 0%, le vent extrême
étant «dimensionnant», le bâtiment
devient a priori parasismique. En effet, en France
métropolitaine, le zonage de la sismicité et
celui des vents forts montrent des similitudes. Il se trouve
que les régions à moyenne et forte
sismicité sont aussi exposées aux vents forts
(Vallée du Rhône, Alpes, Côte
dAzur, Pyrénées).
En conclusion, plus la conception architecturale et
structurelle est simple et logique et la mise en oeuvre
soignée, plus le surcoût est faible. En zone
sismique, des conceptions osées et originales, mais
peu rationnelles, peuvent évidemment conduire
à des surcoûts élevés. La
nécéssité de la formation en
génie parasismique des architectes et des
ingénieurs apparaît clairement.
Le
confortement du bâti existant, par contre, se
révèle infiniment plus compliqué. Les
technologies de confortement classiques des bâtiments
existants ne résistent pas aux sollicitations
sismiques. Actuellement, on ne dispose pas de technique
spécifique pour rendre une construction existante
apte à résister à un séisme. On
ne peut quaméliorer une situation par,
éventuellement, une reprise en sous oeuvre, mais
à quel coût (le prix au mètre
carré de cette technique est supérieur au prix
de vente du mètre carré pour les constructions
de qualité médiocre, qui sont les plus
exposées) ? Enfin labsence de données
techniques concernant les constructions individuelles (plan
darchitecte, calculs de structures inexistants ou
égarés), ainsi que
lhétérogénéité du
patrimoine bâti, rendent extrêmement difficile,
voire impossible, lélaboration de règles
de confortement parasismique pour lexistant.

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