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Dossier du mois  

Trente ans au service de la prévention des avalanches

François Sivardière Anena
Créée en 1971, l'Association nationale pour l'étude de la neige et des avalanches vient de fêter ses trente ans d'action au service de la prévention.

Interview de François Sivardière,
directeur de l'Anena.

 

Comment la prise en charge du risque dû aux avalanches a-t-elle évolué depuis la création de l'Anena ?

François Sivardière. Lors de sa création, l'Anena avait pour vocation de créer des synergies entre les différents organismes de recherche (une vingtaine) se consacrant à l'étude de la neige. Aujourd'hui, nous avons développé des actions de formation, destinées principalement aux pisteurs secouristes. Elles leur permettent d'acquérir les compétences d'artificiers déclencheurs d'avalanches ou de maîtres-chiens d'avalanches. La notoriété acquise par l'Anena dans le milieu montagnard en fait un lieu de concertation quasi incontournable pour les acteurs locaux.
Mais la prévention repose avant tout sur l'information du grand public. Edition d'un bulletin et de documents écrits et audio-visuels d'information, relations avec les élus et les médias, distribution de brochures gratuites… mobilisent la plus grande partie de nos énergies !

Des actions qui portent leurs fruits ?

FS. Certainement ! Le nombre de victimes d'avalanches, toujours trop important certes (une trentaine chaque année), est resté stable depuis trois décennies, malgré une " explosion " du taux de fréquentation de la montagne et une banalisation des pratiques à risques (hors pistes, randonnées…). Les travaux réalisés par l'Anena et ses partenaires concernés par la prise en charge de ce risque sont à la base de ces résultats encourageants.

Pouvez-vous nous donner des exemples précis ?

FS. Au début des années 1970, la prévision du risque avalancheux était quasi inexistante. Actuellement, Météo France édite régulièrement des bulletins d'estimation du risque d'avalanche (BRA). Au niveau européen, une échelle commune d'évaluation du risque a été créée et, en France, la cartographie des localisations probables d'avalanches (CLPA) est presque entièrement réalisée pour les zones habitées. Sur le terrain, le déclenchement artificiel des avalanches est devenu une pratique courante. Il permet de sécuriser totalement les domaines skiables balisés et de limiter les risques hors pistes. De même, la mise au point d'appareils performants d'aide à la recherche des victimes d'avalanches (ARVA) a sauvé de nombreuses vies.

Quelles actions futures comptez-vous mettre en place ?

FS. Aujourd'hui, l'évaluation des risques d'avalanches se fait à l'échelle du massif montagneux, soit 500 km2. Il faut affiner cette évaluation à l'échelle du km2. Des expériences locales satisfaisantes sont en cours. Nous voulons favoriser leur développement et leur reconnaissance, tant sur le plan économique que juridique. Autre exemple : le déclenchement des avalanches. Les techniques ont considérablement évolué et les textes réglementaires se rapportant à cette activité ne sont plus adaptés. L'Anena a un rôle majeur à jouer dans leur révision.


Les entretiens publiés dans cette rubrique ont pour but de permettre à chacun de construire sa propre opinion en fonction des propos qui y sont rapportés. Les avis exprimés n'impliquent aucune caution de la part de Prim.net.
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